‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 46 sur 165 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les précédents, ALBERT.

ALBERT

Parmi toutes ces merveilles, que le monde apprenne la plus grande, que ma voix ne peut assez exalter. Eusèbe était mort, le ciel laissa son âme dans son cadavre, jusqu'à ce qu'il se fut confessé. Tant a de puissance auprès de Dieu la dévotion à la Croix !

CURCIO.

O fils de mes entrailles ! Il n'est pas malheureux,

non, celui qui a mérité, dans une mort tragique, de si glorieuses destinées. Puisse Julie se repentir ainsi de ses fautes !

Que Dieu me vienne en aide ! Qu'est-ce que j'entends ? Quel est ce prodige ? Je suis celle qui était fiancée à Eusèbe, et je suis la sœur d'Eusèbe ! Apprenez, Curcio mon père, apprenez tous mes énormes crimes. Moi-même, ' épouvantée de leur horreur, je parlerai. Sachez que je suis Julie, l'infâme, la plus grande des scélérates. Mais puisque mon péché a été public, dès aujourd'hui ma pénitence sera publique. Je demande humblement pardon, au monde de mes mauvais exemples, à Dieu de ma coupable vie.

CURCIO .

O prodige de méchanceté! je vais te tuer de ma propre main, pour que ta vie et ta mort soient horribles.

JULIE

Secourez-moi, Croix divine ; je vous donne ma parole de retourner dans mon couvent et d'y faire pénitence de mes égarements.

(curcio veut la frapper, julie embrasse ¡a Croix qui est sur le tombeau ¿í'eusebe, et disparait.)

ALBERT

Grand miracle !

CURCIO.

Avec ce dénouement si admirable, l'auteur achève heureusement la Dévotion à la Croix.

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