‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 56 sur 165 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Une chambre chez Fabio.

laure et fabio, son père.

FABIO

Il est visible que c'est la tristesse qui a fait disparaître l'incarnat de ta beauté . Qu'as-tu donc depuis quelques jours, que,livrée, hélas ! à la mélancolie, tu soupires tristement à chaque instant, et tu fonds en larmes ?

LAURE

Si je savais, seigneur, la cause de mon mal (À part, plût à Dieu que je ne la susse pas aussi bien !) la consolation serait plus aisée, et la douleur moins cruelle, car alors la connaître serait le premier remède pour la vaincre. Mais la peine que j'éprouve est, seigneur, une mélancolie naturelle. Elle produit son effet sans que je parvienne à savoir qui l'a fait naître. C'est là la différence que la nature a mise entre la mélancolie et la tristesse.

FABIO

Je ne sais que te dire, sinon que ta douleur te fait souffrir cruellement, et moi me fait mourir ; car je n'espère plus vivre, tant que je te vois si triste. (Jl sort.)

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