SCÈNE PREMIÈRE
Une chambre chez Don Félix.
MARCELLE et SYLVIE.
SYLVIE
C'a été une grande hardiesse.
MARCELLE
Comme je me vis perdue, lorsque j'entendis Laure, et qu'elle allait découvrir tout ce qui s'était passé chez elle, j'ai voulu interrompre son récit par cette folle action. Car quand on se voit en face d'un chagrin, il faut bien risquer quelque chose.
SYLVIE
C'est la vérité.
MARCELLE
La raison qui me détermina, ce fut de voir Lisard qui attendait toujours dehors, à ce qu'il me paraissais à quoi aboutirait l'aventure de la dame enfermée. Et comme je le savais, je ne craignis pas de me risquer. Car, si je ne réussissais pas, au moins je trouvais en Lisard un homme pour me défendre. Enfin, tout a réussi mieux que je n'espérais, puisque je pus gagner mon appartement, et par la jalousie que j'inspirai l'aventure se brouilla tellement, que ni Lisard n'eut à prendre parti pour moi, ni Laure ne put raconter l'événement, ni Félix me reconnaître. Enfin je n'ai plus à craindre aucun embarras.
SYLVIE
Je vous dirai que c'est une histoire étrange, et si elle a pu donner de l'expérience, la leçon n'en sera que plus solide.
MARCELLE
Mais quand est-ce qu'un danger qui est passé peut donner de l'expérience ? La bonne fortune que j'ai eue d'échapper à celui-ci m'a portée à penser comment il faudrait s'y prendre peur que Lisard revint me voir.
SYLVIE
Écoutez, on fait du bruit.