SCÈNE VIII
Les précédents, des paysans portant sur tm brancard lisard mort y le visage ensanglanté.
JULIE
Quel cruel courroux s'est ensanglanté dans sa poitrine ? Quelle main barbare s'est baignée dans mon propre sang, acharnée contre une victime innocente ? hélas !
ARMINDE.
Regardez, Madame.
bras.
N'approchez pas pour le voir.
CURCIO.
Éloigne-toi.
TIRSO
Arrêtez, seigneur.
CURCIO.
Mes amis, je ne puis m'en empêcher. Laissez-moi voir ce cadavre froid. Dépôt malheureux de veines glacées, ruine du temps, débris ravagé par un destin impie, théâtre funeste de douleurs ! Quelle cruauté barbare (oh ! mon fils) a construit ce tragique tombeau dans le sable, pour que je fisse avec de vaines plaintes le triste linceul de mes cheveux blancs? Ditesmoi, mes amis, qui a été le meurtrier d'un fils dont la vie était la mienne ?
MENGA.
Gil peut le dire, car il a vu donner la blessure ; il était caché entre les arbres.
CURCIO.
Dis, mon ami, d;s ; qui m'a ravi cette vie ?
GIL
Je sais seulement qu'on l'appelait Eusèbe, quand il s'est battu avec lui.
CURCIO.
Y a-t-il plus grand déshonneur ? C'est Eusèbe qui m'a ravi la vie et l'honneur. ÇS' adressant à Julie) : Excuse maintenant l'extravagance de ses cruels désirs, répète qu'il n'a rêvé qu'un amour chaste, quand, à défaut de papier, il écrit ses infâmes amours avec ton propre sang.
JULIE
Seigneur...
CURCIO.
Ne me réponds pas comme d'habitude. Préparetoi à entrer aujourd'hui dans un nouvel état, ou prépare à ta beauté une sépulture prématurée avec Lisard. Ma vive affliction me pousse à vous unir ensemble aujourd'hui dans le même tombeau, lui mort pour le monde et vivant dans mon souvenir, toi vivante pour le monde et morte dans mon souvenir. Mais pendant que je prépare votre sépulture, pour que tu ne t'échappes pas, je fermerai cette porte. Reste avec le cadavre, de cette manière sa mort va t' apprendre à mourir. (Ils s'en vont tous, Julie reste seule auprès de Lisard mort, Eusèbe sort de sa cachette.)