‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 93 sur 165 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Félix, laure, herrera avec des lumières par ?ine autre

forte,

HERRERA

Voici les lumières.

FÉLIX

Laisse-les, et va attendre dehors. (Herrera sort, don Félix ferme la porte.)

laure (à part).

Quelle mine il va faire, quand il va me voir !

FÉLIX

En réalité, Laure, je suis le seul qui tourne le dos à la jalousie.

laure (à part).

Que veut dire ceci ? Comment, en me voyant, n'est-il pas troublé, embarrassé ?

FÉLIX

Moi seul au monde, j'ai emmené pour un autre

amoureux sa maîtresse. Dites maintenant que je vous offense.

LAURE

La défaite n'est pas mauvaise. Vous vous efforcez à feindre un prétexte, pour m'insulter. Mais vous voyant convaincu, lorsque vous me trouvez entre vos mains, de m' avoir parlé pour une autre que vous conduisiez chez vous, continuez avec moi vos plaintes sur son compte.

FÉLIX

Il ne manquait plus que de mettre de nouveau ma patience à l'épreuve ; vous voulez maintenant me faire croire que je parlais à une autre.

LAURE

Pourquoi faire l'étonné, Félix, si c'est la vérité ?

FÉLIX

Où est donc la femme à qui je parlais ?

Si une maison à deux portes est difficile à garder,, songez qu'une salle à deux portes est encore plus difficile. C'est ce qui est arrivé.

FÉLIX

Laure, pour Dieu, laissez-moi. Allez-vous-en, vous me ferez perdre le sang-froid. Si vous prétendez que ce n'est pas vous que j'ai amenée ici, pourquoi (la voix me manque) votre père étant sorti, Lisard... je ne puis parler.

LAURE

Vous vous trompez. Je me suis cachée ce soir

dans l'appartement de votre sœur, seulement pour voir ce qui nous arriverait à tous les deux, et elle...

FÉLIX

Assez; je le saurai tout à l'heure. Marcelle! ma sœur !

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