SCÈNE VI
IDIOT, CUmVERNI.
- CUIRVERNI^ la regardant >'éloigner.
Tiens, c'est Marionnette.
IDIOT
Ah I vous la connaissez ?
Eh I mais dans le public on la connaît assez.
IDIOT
Tu mens.
CUIRVERXI, à part.
Il ne sait rien ? ah ! quel bipède étrange !
IDIOT
Tu mens, tu mens, tu mens.
CUIR VERNI, lui montrant un portrait .
Eh bien I regarde, mens-je?
«2 MARIONNETTE
IDIOT, regardant.
Son portrait chez un autre I
« CUIRVERNI.
Eh bien ! mens-je à présent ?
IDIOT, regardant toujours.
Oui, je le reconnais. Il n*est pas ressemblant. De qui le tenez-vous ?
GUIRVBRNI.
C'est une portraiture Que, pour six francs dix sous, fit un peintre en voiture. Elle m'en fit cadeau le jour où, comme amant, Sur sa liste j'obtins le numéro trois cent.
D'après cela, mon cher, j'ai le trois cent-unième.
CUIRVERNI.
En attendant qu'elle ait pris le trois cent-deuxième.
IDIOT
L'affreuse ribambelle I Et moi, qui dans le parc La comparais tantôt à défunt Jeanne d'Arc...
Je veux la corriger, la sans-cœur, la sans-âme, Et colkr mon poing d'homme à sa face de femme... Mais quand je la ferais périr sous le bâton, Mais quand je la ferais tourner comme un tonton, A quoi me servirait cette rigueur étrange ?
Je me serais pour elle accroupi dans la fange. Et je n'aurais pas craint d'aller signer mon nom Au bas des pauvres vers chantés au Panthéon ! Plus ma flamme était vive, et plus l'est ma rancune. J'étais l'Endymion dont elle était la lune, , Disait-elle. Ma lune est changée en croissant...
Avec douleur.
Ah ! grand Dieul ciel de Dieu ! le numéro trois cent î Mais je veux me venger d'une façon cruelle.
Je veux...
MARIONNETTE. 283
GUIRVERKTI.
Dieu ! "vondraitril lui brûler la cervelle !
IDIOT
Oui ; ridée est féroce, et j*en veux profiter.
CUIRVERNI.
Quel est votre projet ?
De me faire arrêter.
CUIRVERNI.
Vous ?
IDIOT
Moi-même.
CUIRVERNI.
^ Allons donc !
IDIOT
La chose est décidée.
CUIRVERNI.
J'aurais cherché dix jours sans trouver cette idée.
IDIOT
Vous n'avez donc jamais vu jouer Bemani?
Malheureux ignorant.
CUmVEBNI.
Attendez donc l mais si.
IDIOT
Eh bien I ne dit-il pas : « Je veux que Ton m'arrête? » n criait à tue-tête, et je crie à tue-têle...
CUIRVERNI, criant.
C'était un imbécile.
IDIOT
Eh ! je le suis aussi. S'il était Idiot, je puis être Hertiani.
Je veux être arrêté !
CUIRVERNI, tirant son ëtni.
C'est beau, mais c'est stupide ;
284 MÀKIONNETTE.
Et je dois f avertir que mon étui se vide.
Il met une épingle à m manche.
IDIOT
A la garde 1 au voleur I