SCÈNE VII
LES MÊMES, LAYEMAS, LE BRIGADIER, gendarmes, MARIONNETTE, JÉRËMIE.
LAVEMAS.
Quel est donc le braillard ?
IDIOT
Si c'était un effet. Monsieur, de votre part, Je voudrais qu'à Tinstant on me mit à Bicêtre.
MARIONNETTE
A Bicêtre ! Eh bien ! moi,..
iDicftr.
Vous me direz peut-être :
Pourquoi ?
LAVEMAS.
Cest assez juste ; instrument de la loi, Si j'arrête quelqu'un, je veux savoir pourquoi.
IDIOT
J'ai tué Cuirverni; je suis un mauvais drôle; Je veux sur l'échafaud jouer un premier rôle. Et voilà mon motif.
CUIRVERNI, criant.
Un nouvel incident I Il ne m'a pas tué, vu que je suis vivant.
MARIONNETTE
ciel I il se pourrait ? quelle étrange aventure I
CUIRVERNI, ôtant son emplâtre.
On doit me reconuaître au moins à ma figure.
MARIONNETTE. 285
JËKSMIB.
Çuirverni ! mon neveu I ciel de Dieu ! quel effet 1
Il le prend dans ses bras et il le fait tourner.
Ah I valsons tous les deux ; je suis très-satisfait.
MARIONNETTE, les regardant tourner, et à part.
De ce vieux croqae-mort la tendresse me touche. Qu'il est joyeux! vient-il d'avaler une mouche?
LÂVEMAS.
Un instant, un instant !
Que dit-il ?
LAVEMAS, cherchant à arrftter Jérémie et Guirvei'ni qui tournent toujours.
UnMnslant, Un moment, un moment, un moment, un moment.
Ah! Guirverni respire; eh bien! la farce est bonne. Tant mieux, car je ne veux, moi, la mort de personne. Mais puisqu'il n'est pas mort, il faut, et pour raison, Que ledit Guirverni suive l'autre en prison.
Ah ! tu ne valses plus ! Allons 1 partons sur l'heure.
JÉRKMIE.
Arrêter Guirverni dans ma propre demeure 1 Deux têtes au lieu d'une !
MARIONNETTE
Ah ! le maudit escroc 1 Ge n'est pas de franc jeu, c'est un coup de raccroc.
LAVEMAS.
Je visais une tête, en prenant la bricole ;
Une autre se présente... eh bien ! je carambole.
Il saisit au collet Guirverni et Idiot.
IDIOT
Quelle position pour deux hommes de cœur !
Je ne le cache pas, ma parole d'honneur.
Il nous faudrait un orgue, ou quelque ritournelle ;
Nous avons l'air de Gille et de Polichinelle,
Quand le diable survient pour les prendre tous deux.
LAVEMAS, piqué.
Mille remerdments.
IDIOT
Je suis Traiment honteux De la comparaison.
CUIRVSRNI.
Qu'importe, camarade?
La grandeur des tréteaux ennoblit la parade.
IDIOT
Ça, chauffons bien la fin, serrons, serrons l'efTet,
A Lairemu.
Si la chose se peut. Lâchez-moi, s*il vous platt, Un instant.
LAVBMAS.
Volontiers.
IDIOT
Belle Marionnette, Évanouîssez-vous, puisque Ton nous arrête.
MARIONNETTE
Avec plaisir.
Elle tombe éTsnouie*
IDIOT
Et vous, Thomme aux grandes douleurs, Mouchoir en main, lâchez le robinet des pleurs. Voilà le vrai moment ! En avant la musique I Ahl nous allons offrir un coup d'oeil magnifique. Maintenant, Lavemas, reprenez son collet ; Gomme deux malfaiteurs, traitez-nous, sll vous plaft. Vous, peuple ! formez bien une foule compacte. Tapage, mise en scène, et fin du troisième acte.