‹ Théatre choisi de F.-A. DuvertChapitre 170 sur 199 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

VINCENT, POTARD> DROUILLET,

Potard jette un regard d'inquiétude sur Yincenl et s*approche de Drooillcfi

ViNCîlNT, à part.

Allons! bien! voilà l'autre, à présent.

PROSPER ET VfNCENT. 387

DBOUILLET, toyant Polard sortir de chei lui.

Monsieur Potard,^ venez m' aider à m'emparer de Vincent ! Savez-vous qui vous avez chez vous ? savezvous de quoi il est coupable?... d'un rapti...

POTARD, bas à Drouillet.

Mieux... mieux que çal il vient de chercher à atten-ten-tenter à mes jours, le ma... malheureux ! il a mis dans mes aliments une su... ubstance vénéneuse que je ne co... connais pas.

DROUILLET, bas â Potard.

Pas possible ! (a pan.) En effet! je ne Favais pas encore remarqué, il a le nez d'un scélérat.

VINCENT, à part.

Qu'est-ce qu'ils ont donc à suchoter? ils suchotent.

POTABD, bas à Drouillet.

Lai... lai... laissez-moi lui pa... pa... pa... arler.

DROUILLET, bas à Potard,

Ne VOUS exposez pas I (a part.) Et il veut ma fille !

POTARD, prenant une pose digne.

Vin... Vin... Vincent!

VINCENT

Monsieur I

POTARD

Depuis un an... an que vous êtes chez moi, cornment vous ai-je traité ?

VINCENT

Mal! Vous me faites travailler comme un cheval et vous me nourrissez comme un mogneau .* je deviens à rien.

POTARD

Et tu veux te venger par un cri... cri., crime atroce?

VINCENT, à part, étonné.

Qu'est-ce qu'ils ont; voyons! qu'est-ce qu'ils ont?

POTARD

Aift : Ces pottillona sont d'une maladresse.

Vit-on jamais un projet plus perûde?

Au crim' tu veux avoir recours? Quoi ! tu formas le dessein homicide,

Lo dessein d'abréger mes jours 1

VINCENT, étonné.

Moi ? vouloir abréger vos jours?

Eh bien! monsieur, quand ça serait encore, Par représailles, je soutiens que je V puis; Puisqu*en m' faisant lever avant l'aurore, Vous abrégez mes nuits.

DROUILLET, à part.

Ah ! quelle raison !

POTARD

Ma... malheureux ! qu'as... qu'as-tu mis dans mon ca... ca.. café?

VINCENT, à part.

Quoi I c'est pour çal (Haut.) Ce qu'il y avait, vous ne le saurez pas. Seulement ça ne peut rien abréger du tout... Soyez tranquille.

POTARD

N'importe ! je vous chasse comme un misérable que vous êtes. Allez vous faire pen... pendre ailleurs.

YINCENT, dans la plus profonde indignation.

Vous me chassez !... C'est une atrocité... c'est sans exemple dans les herbes! On n'a jamais renvoyé un jeune homme... (D'un air de mépris!) Vous déshouorcz

votre art... Ah! Dieu!... (a pan, changeant brusquement de

résolution.) Mais, au fait, ça m'est égal ! Je végète dans cette maison-ci... je ne mange pas la demie de ma satisfaction... et puis, mademoiselle Sophie quittant le quartier, je n'ai plus rien qui m'attache au douzième arrondissement... (a. potard, gaiement.) Allons, j'y consens, je vous quitte avec plaisjr, père...

Il cherche le nom.

POTARD

Allons, allons ! entrons, et réglons nos comptes.

Potard va pour entrer dans la boutique; Vincent, écartant les bras,

lui barre le chemin.

VINCENT

Je le veux bien... mais avant, j'éprouve un besoin... c'est de vous dire ce que je pense.

POTARD

Peu m'importe! Rentrons.

YINCENT, ramenant Potard au milieu du théâtre.

Non ! je tiens à vous le dire devant Monsieur. (D'un ton solennel.) Mousicur Potard, VOUS avez la forme d'un homme au physique (mouirement de Potard) ; mais, sous le rapport de l'intelligence, je vous déclare hautement que vous êtes une plante ; pour le raisonnement, vous êtes de la force d'une guimauve.

Potard reste interdit.

DROUILLëT , avec véhémence.

Quelle insolence !

VINCENT, àDrouillet.

Et VOUS aussi I Voilà mon opinion franche sur tous les deux. Je puis être dans l'erreur, mais je ne crois pas me tromper.

DROUILLËT, à part.

Dieu ! si j'avais là mes chasseurs 1

390 PROSPER BT VINCENT.

Aia : Pfe raillez pat la garde citoyenne, VINCENT.

Vieux végétal ! n*ayez-Tous pas de honte ?

Quoi ! me chasser, me renvoyer ainsi 1 Entrons bien vite et réglons notre compte, y voudrais déjà me voir bien loin dUci.

• DROUILLET.

Jeune insolent, n'avei-vous pas de honte?

„„^„„, , C'est votre chef que vous traitez ainsi ;

ENSEMBL£[ ,, . ., . .

U a raison d* vous donner votre compte Et d* vous défendr' de reparaître ici.

' POTARD

Je sens déjà que la fureur me monte ; Quoi! mUnsuller, m'injurier ainsi I Entrons bien vite et réglons notre compte ; I Je vous défends de reparaître ici !

Tincent ta pour rentrer daas la boutique, Potard le prend par le bras, le fait pirouetter et passe devant.

VINCENT

Ah! pardi, v'ià-t-il pas... monsieur Potard t...

Il entre à son tour.

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