‹ Théatre choisi de F.-A. DuvertChapitre 4 sur 199 · SCÈNE III Madame WERNER, RUTLY, FRANZ · texte numérisé non relu

SCÈNE III Madame WERNER, RUTLY, FRANZ

MADAME WEKNEB.

Encore ici, Rutly?

RUTLY.

Oui, ma mère, je causais avec M. Franz.

MADAME WERNER

Je le vois bien, et c'était donc fort intéressant ce sujet-là, pour que...

FRANZ

Oui, madame, fort intéressant, car il me parlait du mariage de ma fille.

MADAME WERNER

Vous mariez votre fille? eh bien ! tant mieux pour vous, (à Rutly) et qu'est-ce que cela vous fait à vous?

RUTLY.

Ma mère, c'est que...

MADAME WERNER

C'est que... c'est que... les affaires de M. Franz ne vous regardent pas... occupez-vous des vôtres I

RUTLY.

Pardon, ma mère! mais voyez-vous... (AFram.) Je n'oserai jamais... Mettez-vous devant moi.

FRANZ, bas.

Va donc, conscrit!

MADAME WERNER

Qu'est-ce que vous dites donc encore là à monsieur Franz ?

10 KETTLY.

FRANZ

Il dit, madame, que le mariage de ma fille le regarde... puisque c'est lui qui veut Tépouser.

MADAME WEBNEB, aTee on geste menaçant.

Lui? si je savais que ce fût vrâil

BUTLY, avec effroi, et passant à la gauche de Franz.

Oui, ma mère! tuez-moi si vous voulez; mais ce qu'il vous dit est vrai, parole d'honneur !

MADAME WEBKEB, ironiquement.

Et, sans doute, M. Franz y consentait?

RUTLY.

Mon Dieu, oui I

MADAME WERNEB, de même.

Ah! je le crois, je suis riche, et je ne suis pas étonnée de son empressement !

FBANZ, avee contrainte.

Madame Werner, j'ai promis à votre fils d'être tranquille, ne me faites pas manquer à ma parole I

MADAME WERNEB.

Moi? je donnerais Rutly à une fille qui n'a pas un thaler?

FBANZ.

Croyez-vous que ma fille ne vous vaille pas ! La fille d'un vieux soldat... qui est revenu pauvre de l'armée, c'est vrai, mais qui n'a jamais eu à rougir d'une seule action de sa vie, une fille sage et modeste, que tout le monde chérit dans le canton, ne vaut-elle pas le fils d'une aubergiste dont la fortune ne soulage pas un malheureux , et que tout le monde?... Mais, je me tais, car j'en dirais plus qu'il ne faut.

KETTLY. 1 1

BUTLY, à part.

Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! Il arrange joliment mes affaires.

MAPAMK WEBIŒB.

Courage, monsieur Franz I je vous reconnais-Ià... C'est ce qu'on doit attendre des gens de votre sorte.

BUTIiY.

Ma mère! n'écoutez pas M. Franz... Il ne sait pas ce qu'il dit.

MAT>AMT! WEBNEB.

Au reste... je sais que le bonhomme Franz est comme tous les autres ; il est jaloux de ce que les voyageurs les plus marquants descendent chez moi. . . Voilà la cause de sa grande colère I

FRANZ

AIR du Taude\ille des Frères de lait.

Qui? moi, jalouxlf madame, et que m*importo Que Y0U8 logiez le puissant voyageur 1 A la riehess* si tous ouvrez vot* porte, Vous la fermez à l'aspect du malheur, bis.

Oui, j*en suis fier, ma modeste chaumière Qui n*o£Pre, hélas 1 aucun riche lambris, N*attire point Topulence étrangère, ) ..

Mais elle accueiir l'indigent du pays, j

KADAME WEBl^B.

Tout cela est bel et bon! chacun gouverne sa fortune comme il Tentend . Mon fils n'épousera pas votre fille...; voilà mon dernier mot!

EUTLY.

Ma mère ; monsieur Franz î

KETTLY-

FBANZ, le repoussant.

Laisse-moi, ta mère est une méchante femme, et je te défends de dire jamais un mot à ma fille?

ENSEMBLE

MADAME WEBNER.

Air : /e reconnais ce militaire.

Calmez Tcourroux qui vous enflamme Restons, restons chacun chez nous; Vot' fille ne s'ra jamais sa femme, Mon fils ne s'ra pas son époux.

FRANZ

Oui, je le jure sur mon Ame , Fût-il riche encor plus que vous.

Le fils d'un* si méchante femme, D*ma fill'ne s'ra jamais Tépoux.

RUTLY.

Quel chagrin pénètre mon âme, Nous dir* d* rester chacun chez nous, Kettly ne s>a donc pas ma femme, Je n's^rai donc jamais son époux I

FRANZ

De fureur je sens mon cœur battre, Un vieil affût me fra trembler, Quand Tennemi qu'j'ai su combattre, N*a jamais pu mTair' reculer. bis,

MADAME WERNER

Calmez Fcourroux, etc.

FRANZ

Oui, je le jure, etc.

RUTLY.

Quel chagrin, etc.

Pendant la reprise, Franz s'assied sur un banc du côté de la chaumière; Butly s^éloigue et s'assied de l'autre côté, et madame Werner s'apprête à rentrer, lorsqu'elle rencontre Henry.

ENSEMBLE

KETTLY. 13

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