‹ Théatre choisi de F.-A. DuvertChapitre 69 sur 199 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

CLÉMANÇOT, MONTIVON, AMÉLIE, JULES, VOISINS ET VOISINES dans le fond,

MONTIVON.

Une lettre pour moi! Allez, allez toujours. Je vous rejoins à la mairie.

iCO HEUR ET MALHEUR.

CLÉMANÇOT.

Non, non, nous attendrons... Lisez votre lettre.

MONTIVON.

De Strasbourg! C'est celle que j'attendais... L'affaire de rhéritage... Des lettres de change, sans doute... (u décachette la lettre.) Nou ; il n'y a Tien dedans.

CLÉMANÇOT.

Diable! c'est intéressant... Voyons...

MONTIVON.

C'est démon homme d'aff'aires... Lisez, mon cher Clémançot, lisez; c'est la propriété de votre fille maintenant.

CLÉMANÇOT.

Volontiers, parbleu! (uut.) « Monsieur, la succession de M. votre oncle a été enfin inventoriée. Elle se compose d'environ mille francs en numéraire. »

MONTIVON.

Bon ! bon !

CLÉMANÇOT.

« Sa maison de Strasbourg, cinquante arpents de vignes sur les bords du Rhin, et environ vingt mille francs de bijoux... »

MONTIVON.

Excellent oncle !

CLÉMANÇOT.

« On a trouvé dans ses papiers un testament olographe qui institue pour légataire universel... »

MONTIVON, vivement.

Qui?

CLÉMANÇOT.

Un autre que vous...

MONTIVON.

Ah ! le vieux malfaiteur !

CLBMANÇOT

« Un jeune homme qui a suivi pour lui un procès duquel dépendait toute sa fortune. »

MONTIVON.

Nous sommes volés comme dans un bois!

CLÉMANÇOT.

Ce jeune homme se nomme Jules Fombert. »

JULES, à part.

Est-il possible!

MONTIVON, a^ec force.

Holà ! Ah ! mon Dieu ! Une chaise, mon ami, une chaise!... Pour j'amour de Dieu, une chaise! je fonds sous moi.

Jules apporte précipitamment une chaise. Montivon se laisse tomber dessus; mais il se relève brusquement en jetant un cri douloureux, et s'assied sur sa jambe qu'il a pliée sur la chaise. Il semble anéanti sous le poids de sa douleur. Pendant ce mouvement, Jules est passé du côté de Clémançot, à gauche de la scène.

JULES, bas à Clémançot.

Il faut absolument que je vous parle.

CLÉMAIfÇOT.

Attendez ! attendez ! (ii ut.) « Cependant, d'après le vœu du testateur, et comme depuis longtemps il a perdu de vue le légataire, Théritage retournerait à la famille dudit testateur. »

MONTIVON, qui jusque-là est resté accablé.

La famille du testateur !... J*en suis membre.

CLÉMANÇOT.

Sans doute, (continuant de lire.) « A la famille dudit

testateur, si elle pouvait produire une preuve légale

du décès de Fombert ! d

MONTTVON, MlftTuit.

Je respire! je respire!... J'avais là un poids de seize quintaux. En voilà un qui peut se vanter de s'être noyé à temps.

JULES, bts à Cléaiançot.

Monsieur, il faut que je vous dise absolument...

CLÉMANÇOT.

Tomt à l'heure, je suis à vous.

MONTIVON, avec joie.

La preuve est facile adonner, parbleu ! 11 s'est jeté à l'eau en présence de M. Haigrepeau, huissier, et et en présence des gardes du commerce... S'il est mort?... Je le crois parbleu bien qu'il est mort! ce digne garçon. Hein! mon cher Dunand, j'en échappe d'une belle. Allons, partons, partons!...

JULES, à part.

Et impossible de parler à M. Clémançot !

MONnVOîT.

Allons, allons! Ne vous impatientez pas. Nous voilà.

CH€EUR

Poiiqa'iui doux hymen les engage, etc.

Après quelques nestres, Annette arrive ; toat le moode se tait.

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