‹ Théatre choisi de F.-A. DuvertChapitre 74 sur 199 · EULALIE, JEANNETON · texte numérisé non relu

EULALIE, JEANNETON

JEANNETON

Ah çà, Mam'zelle, j'suis p't'être un brin balourde, mais, foi de Jeanneton, je ne vous comprends pas.

EULALIE

Pourquoi donc?

JEANNETON

Comment, hier soir en arrivant de Paris, vous pleuriez, vous vous désoliez, vous disiez que vous ne vouliez pas vous marier, que vous en aimiez un autre, un inconnu, et v'ià qu'à c't'heure, ça n'est plus ça ?

EULALIE

Écoute donc, ma petite Jeanneton, hier je n'avais pas vu celui que mes parents me destinaient, et tu sais bien que ce matin, quand il est parti pour la

chasse, tu me Tas montré à travers lapersienne sans qu'il m'aperçût lui-même.

JEAIîNETON.

C'est ça, vous l'avez trouvé gentil, bien avenant, vot' cœur s'est envolé par la fenêtre, et le pa\^vre inconnu... ni vu, ni connu... Ce n'est pas bien, ça, Mam'zelle... Moi, quand je renvoie un amoureux, je lui donne huit jours... On donne huit jours aux domestiques.

EULATJE, regardaot à la fenêtre.

Mais je vois venir quelqu'un... là-bas, au bout de la grande allée.

JEANNETON

C'est monsieur Adolphe, avec un autre monsieur... Il faut le gronder ferme.

EULALIE

Non, je ne veux pas le voir encore, j'ai mes raisons pour en agir ainsi... j'ai mes raisons.

Elle sort par la droite.

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