HAMET.TN
Encore?
MADAME PITOU
J'en prends comme un Suisse, quelquefois j'en suis z'honteuse... Il est bien bon! Ousque vous le prenez? à la Civette?
HAMELIN
Oui, Madame.
iffADAifTi prroij.
Moi je le prends à la Grosse Pipe, (siie nt.) Eh I eh !
MADAME HAKELIN, à ton mari.
Mais d'où sortent tous ces gens-là?
MADAME PITOU
Vous paraissez toutes les deux de bonnes gens... Je suis contente que mon Dodolphe entre dans une famille aussi respectable. Aujourd'hui il y a tant de gens qui n'ont que le dehors I... Tenez, dans ma maison, il y a au premier un vieux monsieur et une vieille dame, qui sont à leur z'aise ; c'est mes voisins, il n'y a que le plomb qui naus sépare ; eh bien I avant z'hier ils ont mangé du melon, du prix qu'ils étaient, et pas un brodé, un cantaloup, deux fois ma tête. Je ne leurs y interdis pas le melon, qu'ils en mangent ! qu'ils en crèvent! mais croiriezvous qu'ils ont évu l'infamie de jeter les écosses devant mon paillasson? Je ne suis qu'une femme; eh bienî je trouve que c'est une petitesse; pas vrai, marne...
Elle tape sur le coude de madame HameUn, MADAME HAMELIK, se reculant.
Mais, bonne femme...
MADAME PITOtJ.
Mes moyens me permettraient de manger du melon dans la nouveauté (une supposition) que je n'irais pas jeter les écosses devant votre paillasson. Aussi je ne leur z'ai pas mâché ; je leux ai dit : c'est d'I'aristocratie toute pure... Il n'y a que des Carlistes qui puissent faire des choses pareilles... Dans la maison, on dit tout haut que c'est des Carlistes.
HAMELIN
Vous ne le dites pas, vous?
' MADAME PITOU
Non, je respecte les opinions.
MADAME HAMELIN, à son mari.
Monsieur Hamelin, congédiez cette femme.
MADAME PITOU
Au reste, pourquoi respecterait-on les autres quand on ne me resfepectepecte pas moi-même?
Parce qu'à la mort de mon mari j'avais pris un pensionnaire, un ouvrier bijoutier qui mangeait chez moi, est-ce qu'on n'a pas évu la chose d'écrire à ma famille que j'avais t'un aipant?
HAMELIN
Si c'est vrai?
MADAME PITOU
Oui, Monsieur, on a évu cette infamie-là,
MADAME HAMELIN
Madame, de pareils détails sont tout à fait déplacés ici... et...
MADAME PITOU, pleurant.
Non, je veux me justicier de ces horreurs-là ; puisque mon Dodolphe va épouser votre fille et que nous sommes appelés à nous fréquenter, je tiens à ce que vous connussiez mes mœurs.
HAMELIN
C'est bon.
MADAME PITOU
Comme je vous le disais tout à l'heure, dans ma jeunesse j'ai pu commettre des écarts, de très-grands
écarts. Tenez, Madame, vous allez voir comme j'ai été trompée.
TWATIATing HAMELIN.
Mais je ne veux rien savoir.
MADAME PITOU
Si! si! si! Figurez-vous que j'avais seize ans. quand un jeune ébénisse...
MADAME HAMELIN
Assez, Madame, assez.
MADAME PITOU, pleurant.
Si, Madame, faut que je vous conte tout.
MADAME HAMELIN
M. Adolphe est au jardin, allez-y faire un tour, plus tard nous parlerons.
MADAME PITOU
Je le veux bien; je suis ici pour plusieurs jours, je ne m'en irai qu'après la noce; je donnerai un coup de main à votre épouse, je l'aiderai à faire la cuisine, nous ferons notre petite pot-bouille, et je l'aiderai à essuyer la vaisselle.
Ah! l'horreur!
MADAME. PITOU
Au revoir, Monsieur et Madame ! par où t'est-ce qu'on va z'au jardin?
MADAME HAMELIN, la conduisant.
Par là, au fond, à droite...
MADAME PITOU
Merci. (Elle sort et rentre tout de suite.) PardOD, monsieur
Hamelin... une prise, sans vous commander.
MADAME HAMELIN
Donnez-lui la tabatière, et qu'elle s'en aille.
HAMELIN, loi donnant la tabatière qu'elle emporte.
Tenez, prenez.
Elle sort.