SCENE XXIII DUMOLARD, ATHANASE, LUCIEN
LUCIEN, sortant du bal dont la porte reste fermée jusqu'à la fin.
Enfin, j'ai pu m'échapper, et cette pauvre Clary..
. (il aperçoit Athanase et Dumolard.) Ciel !
ATHANASE, allant à Lucien.
Ah sacrebleu ! tu arrives bien?
LUCIEN, bas.
Tais-toi !
LA. CLEF DANS LE DOS. 28i
DUMOLABD, ea riaat, à Lucien.
Une aventure délicieuse; une femme enfermée dans sa chambre....
ATHANASE, à Dumolard.
Mais, ce que vous ne savez pas, c*est le nom de celui qui me joue ce tour indigne...
LUCIEN, vivement à Athànase.
Malheureux! c'est le mari!...
ATHANASE, stupéfait et jetant un grand cri.
Âh!!!
DimOLARD.
Hein!... Qu'y a-t-il donc? (Regardant U figure d' Athànase qui est resté frappé de stupeur. Riant.) Ah ! ah ! Vraiment, SOU
désespoir est très-comique!...
Ai& cfu Baiser au porteur.
Celte aventure est fort jolie, J^en veux savoir le dénouement.
LUCIEN, à Alhanase.
Ëloigne-le, je t'en supplie ! '
ATHANASE
Je le voudrais bien ; mais comment ?
DUMOLARD, riant plus fort.
âar rhonneur, le tour est charmant !
ATHANASE
Pour un mari, voilà, j^espère,
Un trait bien caractérisé I
11 rit... il rit quand on Fopère, Le malheureux est donc éthérisé ?
Rire ainsi tandis qu'on Topère, Le pauvre diable est donc éthérisé?
LUCIEN, bas à Athànase.
J'ai la clef dans mon paletot; éloigne-le, te dis-, je, pour que je puisse faire échapper sa femme.
ATHAKA6E, tout déeonfit.
Bon !
LuaIm f a M veitUiM.
DUMOLABD, à AlhAnaie, eiiriauMineiit.
Vous disiez donc que celui qui a enfermé là cette femme?
LUCIEN, au veiriaire en donnant on noméro.
Mon paletot ?
ATHANASE
Permettez, Monsieur, c'est bien vétilleux, et vous comprenez que je ne puis ici...
DUM0LABD,.lui prenant le bru.
C'est juste. Venez de ce côté.
Il veut emmener Athanase à l'autre eitrémité du théâtre. On a mois k Lueien
son paletot.
ATHANASE, & Dumolard.
Non... nous ferions mieux de sortir, c'est ça, tenez I... nous ne serons pas gênés pour causer, sortons.
Ils ont remonté la scène.
DUMOUJttD.
C'est inutile.
LUCIEN, vqui a descendu la scène, à part en foidttiukt dv» son paletot.
Eh ben ! où est donc la clef?
Il Ta au Tastiaire.
PUMOLABD.
Deux mots suffiront pour faire sortir cette dame, je vas crier au feu.
ATHANABE, la retenant ilfement.
Voulez-vous bien vous taire... (a pan.) Il est enragé.
LUCIEN, à Dorothée.
J'ai perdu ma clef. Madame, cherchez donc.
n entre dans le Tesliaire et disparaît.
DT71C0LABB.
De cette façon, nous la verrons...
ATHANABE, à p^H.
Cherchons-lui querelle; il n'y a que ce moyen. (Haut.) C'est-à-dire, Monsieur, que vous voutei vous immiscer dans mes secrets?
DUMOLABD.
Moi ? pouvez-vous penser ?
ATHANA8E.
Air : Ces postiUons aont (Vune nuiladresse.
Pour pénétrer dans met affaires* Vous vous donnes trop de tracas ?
DUMOLARD
Monsieur, ces mots sont bien sévères, C'est pour vous tirer d'«mbarraa...
ATHANASG» sèchement.
Cela, Monsieur, ne vous regarde pas I
DUMOLARD
Un pareil ton I.., qaand J*ai droit à Testime .. De ma biaiser eurles-vous le deiaein?
ATHANASS.
Mais... dans ma conscience intime, Vous êtes un dampin î Vous n'êtes qu'un elampin.
Ça y est.
DUMOLABD, tranquillemenl et jMftnt on rtgard sur Athanaie en prenant
une prise.
Ah! ah!
ATHANASB, voyaut le calme de Dumolard.
Ah ! ah ! vous avez dit : Ab I ah !... Monsieur, vous m'insultez, sortons !
DUMOIiABD.
Ne criez pas ! . . . demain matin je serai à vos ordres.
ATHAKASE.
Toto, demain... voilà tous ces grands bretteurs... Tout de suite, Monsieur, tout de suite !
DUHOLABD.
Soit!
« Il se tient à Técart.
. DOBOTHÉE, à Lacten en reparatsiant avec lai.
Ah!... une clef... c'est ce monsieur...
ATHAKASE, à part.
Une fois dans la rue je le perds et... je ne le fais pas afficher, (a Lucien qui redescend.) Ah! mou ami, j'ai eu du mal, il ne voulait pas sortir, mais c*est arrangé; fais déguerpir ta chaste Suzanne.
II passe à la gauche de Lucien.
LUCIEN
Impossible, mon ami.
Comment, impossible ?
LUCIEN
J*ai égaré la clef, elle est tombée de ma poche.
ATHANASE
Ah ! que Satan te tortille le cou!
LUCIEN
Ne te fâche pas, je sais qui Ta trouvée.
ATHANASE
Qui?
Cest lui.
Qui, lui?
Le mari.
LUCIEN
ATHANASE
LUCIEN
ATHANAS>j, se retourne et se trouve nez à nez avec Dumolard qui se promène tranquillement et qui redescend la scène.
Horreur des horreurs ! il a ma clef !
Il 6*éloigne rapidement et gagne la gauche.
LUCIEN
Rien n'est désespéré.
ATHANASK.
Cest juste. Tu vas la lui demander?
LUCIEN
Moi? y songes-tu? ce serait éveiller les soupçons, tout compromettre.
' ATHANASB.
Oui, ce serait me compromettre.
LUCIEN
Un tireur si dangereux ! qui ne manque jamais son homme !... Adieu, je te laisse.
Il fait un mouvement pour sortir.
ATHANASE, le retenant.
Comment, tu me laisses I
LUCIEN
Sans doute ; toi, qui es propriétaire de l'appartement, tu réclames ta clef, cela va tout seul.
Il pousse Atbanase au milieu du théâtre et entre dans le bal.