SCÈNE XXYIII
JEAN, DUMOLARD, donnant le bras à Clary, qui est prés de l'escalier y ù gauche; BARBOTIN, frappant à la porte de Grinchet; GRINCHET, chez lui; à droite, au fond, ISABELLE, LUCIEN, ATHANASE, Madame LARDÈCHE, puis invités sortant du bal.
BABBOTIN, frappant à la porte de Grinchet.
Monsieur Grinchet!
GRINCHET, entr*ouTrant la porte, sans se montrer.
Ah ! Barbotin! ma femme est chez moi... Elle m'a prouvé que j'avais tous les torts, (atcc éclat.) Je suis le plus heureux des hommes!
Il ferme sa porte et son verrou. Pendant ce temps, Dumolard a salué Clary, après l'aToir recommandée du geste à Jean. Clary disparait, Jean la soit.
LUCIEN, MADAME LARDÈCHE ET ATHANASE, au fond.
Sauvée !
DUMOLARD, reveuant tout joyeux.
J'ai tenu ma promesse... Partie! enlevée!... à la barbe de l'ennemi! j'ai un front...
ATHANASE, gaiement.
Fait pour ça.
DUMOLARD, avec malice.
Et puis, une femme qui a déjà fait un faux pas est plus près qu'une autre d'en faire un second.
ATHANASE, lui prenant la main, et avec importanoe.
Sans aucun doute, Monsieur, sans aucun doute!
DUMOLARD
J'ai une chance.
ATHANASE
Plusieurs, même. Voici la clef de votre brodeuse.
(Avec ironie.) HcurCUX COquiU !
DUMOLARD, prenant la clef, et avec joie.
Deux victoires !
ATHANASE, lui montrant deux doigts.
• Oui, deux! ça vous en fait deux!
DUMOLARD
Car, demain, Jean me dira où il a conduit cette dame. (En se frottant les mains.) Jc saurai qui elle est.
ATHANASE, très-gaiement.
C'est bien là le comique de l'affaire.
DUMOLARD
Montons chez Clorinde.
U monte l'escalier à droite, après avoir salué madame Lardècbe, qui est
encore au vestiaire.
BABBOTIN, i AIhuase.
Monsieur, mademoiselle Clorinde a déménagé ce matin.
ATHANASE, riant au éclaU.
Ah ! c'est parfait ! ah I ah ! ah 1 (a i»abeUe.) Le voilà forcé de rentrer chez lui... et, le plus joli, c*est que la dame quMl a reconduite...
ISABELLE, avec uaïvcté.
Qu'a-t-elle donc fait?
ATHANA^, Tivement.
Ce qu'elle a fait? figurez-vous...
MADAME LABDÈCHE, l'arrêtant Tivemenl.
Mon gendre !
ATHANASE, à lui-même.
Âh! diable! c'est juste... (a uabeiie.) Ce sont des choses au-dessus de votre portée... je vous expliquerai ça... plus tard, je vous les ferai comprendre, et... vous frémirez!... (a lui-même.) Je l'espère!
CHOEUR
Al A : Polka de M, Ettling.
Le plaisir s'enfuit.
Il faut partir, Pheure s'avance,
Contents, mais sans bruit, Retirons-nous, il est minuit !
Mais s'il nous faut fuir Le bal et sa joyeuse danse,
De ce doux plaisir Nous garderons le souvenir.
ATHANASE, qui a été prendre la clef à la porte à droite* Ax.A : Amt>, voici la riante semaine.
Quelle soirée en désastres féconde 1 Elle a failli me coûter ma raison l Mais je la tiens cette clef vagabonde.
La ToiBon d*or dont je suîb le Jason I Gage discret de mon bonheur extrême, Doux talisman de mon sort à venir...
Belle maman, fespère et Je crois même Que nul rival n*osera s'en servir I {bis,)
MADAME LABDÈOHE, l'interrompant avant le bis.
Mon gendre, quelle est cette supposition injurieuse à ma fille ?
ATHAKASE.
Ah ! grand Dieu ! vous croyez que je... oh ! non, je faisais une allusion... sotte, mais parfaitement raisonnable... je voulais dire :
Au public, reprenant le refrain précédent.
Ah I puissé-je être, en ce moment suprême ,
Montrant sa clef.
Le seul ici qui veuille 8*en servir, {bis,)
Reprise du chœur.
Le plaisir s*enfùit, etc.