‹ Théâtre choisi de F.-A. DuvertChapitre 163 sur 197 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PLUCHARD, puis LOÏC.

rLUCHARD, d'abord seul.

Quelle contrariété! me prendre cette pervenche, lo seul gage qui me soit resté du seul véritable amour... — C'est drôle, cette fleur ne me rappelait qu'un souvenir pénible. (Atee beaucoup d'amertume.) Jocelyne!... qui m'a indignement outragé!... (simpleneat.) Et pourtant j'y tenais! j'aimais à regarder souvent

cette pervenche... comme le papillon tourne autour de la bougie qui lui grille les ailes... (wéc force.) Ah!

que 1 homme... (S'interrompant tout à coup, et d'un (on très-naturel.)

Les ailes et les pattes!... (Reprenant avec forcfî.) Ah! que rhomme est bête! et qu'on a tort de chercher à le propager! Mais... (d'un ton dégagé) Tusage!... enfin!...

LOÏC, rentrant par le fond.

Monsieur, la personne qui a apporté cette lettre attend toujours.

PLUOHAED.

Ah ! il y a une réponse?... mon vieux Loïc, il fallait le dire... (ii décachette la lettre.) C'cst de mou directeur. (Il lit.) « Mon cher Annibal, on me signifie à rinstant le retrait de mon privilège, qui vient d'être donné à un concurrent plus heureux ou plus adroit que moi.» — (Arec chagrin.) Ah ! (ii m.) « Votre amitié fidèle me consolera du malheur qui me frappe. J'y compte si fermement, que je viens vous recommander une jeune fille que j'ai engagée et qui est digne dé tout votre intérêt. Je ne voulais pas encore la faire débuter; une circonstance imprévue m'oblige à la faire jouer ce soir dans votre pièce. Il n'y a que quelques répliques, vous savez... mais les premiers pas sont si difficiles dans la carrière du théûtre... » (.ivec amertume.) Oui, oui.., j'ai passé par Saint-Brieuc, Côtes-du-Nord, (Il lit.) « Donnez-lui vos conseils et devenez l'appui d'une pauvre enfant qui, désormais, n'aura que vous au théâtre pour la soutenir et l'encourager.»

(A Loïc, avec empressement.) Loïc, fais VCnir CCttC demoiscUe

et laisse-nous! (Loïc sort par le fond.) Oui, certes, je la servirai, je la gtiidefai!... C'est le désir de mon

vieux directeur.,, lui, qui m*a deviné, qui a fait ma réputation.

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