VI
des avis à mademoiselle de Kerkabiou? à elle dont le goût... est si sévère!...
JOCELYNE, prête à défaiUir.
Ah! Monsieur!...
PLUGHABD, TÎTement.
Loïc? (Loïc rentre par la gauche; allant à Jocelyne avec beaaconp
d'intérêt.) Mon Dieu ! Mademoiselle, qu'avez -vous?... (A. Loïc.) Un siège!...
Loïc approche une chaise.
JOOELTKE, se raidissant, aTec iroDie.
Moi, Monsieur?... rien, je n'ai rien... vous me faites une réception si touchante... et de si bon goût... que vous m'avez fait comprendre qu'il serait ridicule à moi d'en avoir de l'émotion.
Elle s'appuie sur la chaise.
PLUCHABD, blessé.
Ah ! (Il s*éloigne atec humeur, puis reprend le ton de gaieté ironique.)
C'est juste, au fait..; l'émotion... dans notre métier, il faut s'y faire ; vous en aurez bien d'autres. Je sais ce que c'est; j'ai passé par Saint-Brieuc, moi... ah! ah! ah!
JOCELYNE) à part, s'asseyant accabléCi
. Oh ! mon Dieu !
PLtrCHABD, se promenant avec agitation.
Loïc... place donc sous les pieds de mademoiselle de Kerkabiou ce coussin de Smyrne, que m'envoya l'ambassadeur du Sultan, à moi... queue rouge! (loîc
apporte le coussin qui est au fond. L'émotion de Jocelyue devient croissante.)
Loïc... mademoiselle de Kerkabiou me parait avoir besoin d'un réconfortant, verse de ce vin de Constance, qui me fut donné par la reine d'Angleterre, lors de mesreprésentationsàLondres, àitioi... queue
TOUgBi (Loïc prend une bouteille dans la console de gauche.) LOÏC...
sers mademoiselle de Kerkabiou dans cette coupe d'or, dont la province vient de me faire Toffrande... à moi . . . queue rouge!
Loïc prend une coupe d*or sur la console de gauche et s*approcbede Joeelyne.
JOGELYNE, se levant arec effort.
Assez, Monsieur... assez!... je n'accepte pas.
Loïc remet en place la bouteille et la coupe et reporte au fond la chaise et le coussin, puis se tient à l'écart.
PLUCHARD.
C'est juste!... j'oubliais qu'il ne saurait y avoir rien de commun entre mademoiselle Jocelyne de Kerkabiou et moi... queue rouge!.,,
JOCELYNE.
Ah! Monsieur... vous avez une bien cruelle mémoire!...
PLUCHABD, atec amertume.
Pas plus cruelle que la torture que j'ai subie...
AIR d*ArisHppe.
N'est-ce donc pas une honteuse lutte Que d^écraser, pour user de ses droits, Un pauvre acteur, tremblant quand il débute, Quand il est là suppliant et sans voix ?
Avec énergie.
Ah ! c'est affreux !
JOCELYNE.
Oui, Monsieur, je le crois.
PLUCHARD, articulant à peine.
Frapper les gens quand Us sont sans défense,.. C*est une horreur! c'est une lâcheté!...
JOCELYNE, prèle à défaillir.
Hélas ! Monsieur, j*en fais l'expérience Même ayant d'avoir débuté.
Pluohard fait un mouvement involontaire d'intérêt.
LOÏC) k Plttchardy en «'approchant de lui.
Ah ! Monsieur, vous n'avez pas été gentil...
Plucbard B*éloigne avee homeor»
JOCELYNE, prêtant l'oreiUe rera ie fond.
On vient, je crois... où cacher tant d'humiliations !
LOlO, bas, àJoeetyne.
Venez, ma pauvre demoiselle, par le 'petit escalier, vous ne rencontrerez personne.
Loïc et Jocelyne sortent par la gauche.