IV
446 L'OMELKTIE FANTASTIQUE.
MADAME DUBAKDIN.
Quelle horreur!
DUBANDIN.
Mais, quel est donc le nom de cet audacieux polisson?... (Il cherche la carte.) Jules CotiUard, teneur de livres, Planche-Mibray-<S<reel. (ii jette ua m d'éiouwment.) Abl ah! ah! la farce est excellente L.. Ah! ah! ah! j'en rirai jusqu'à la fin de mes jours... Ah ! ah ! ah I
U a'aified en riast aux éelato.
MADAME DURANDIN, étenaée.
Qu'avez- vous donc?
DUBAKDIK.
Et je ne m'arrêterai qu'à Thisure des repas... Ah ! ah ! ah ! 6*est le teneur de livres qui m'a été recommandé par Bougimel... Il venait pour moi...
MADAME DUBANDIK, fort étonnée.
Pour VOUS?
DUBANDIN.
Pas pour autre chose... Et moi qui croyais...
MADAME DUBANDIN, à part.
Ainsi, il a voulu se jouer de moil...
DUBANDIN.
Bougimel m'a bien dit que c'était un farceur, un drôle de corps... Mais pourquoi diable aussi ne m'a-t-il pas décliné" son nom!...
MADAME DUBANDIN.
C'est abominable !
DUBANDIN.
Je suis désolé de l'avoir maltraité... II paraît que c'est un précieux commis... Bôugioiel m'a dit que je pouvais m'absenter sans crainte.
L'OMELETTE FANTASTIOUE. 447
MADAME DURANDIK.
Oh! n'importe, mon ami... j*espère que, quelles que soient les qualités de ce monsieur, vous ne le prendrez pas chez vous.
GOTILLABD, à pari, eDlr'ouvnnt la porte.
Elle plaide contre moi !
DURANDIN
Pourquoi? -
MADAME DURAKDIN.
Un homme qui s*est conduit d'une manière si inconvenante ! '
OOTILLABD, à part.
Ah!
MADAME DURANDIN
Qui s'est joué de ma bonne foi !...
COTILLARD.
Arborons le drapeau de la révolte !...
Il agile, à travers la porte entrebAillée, le mouchoir quUl a atlaché
au bout de sa canne.
MADAME DURANDIN, effrayée.
Mon mouchoir!...
DURANDIN
Mais, mon Dieu ! c'est de la prévention !
MADAME DURANDIN
C'est possible... Certainement, ce jeune homme
est très-bien... (le mouchoir disparaît Tiyemcnl) et jC le Crois
incapable... Faites ce que vous voudrez!...
DURANDIN
Non, non, non!... Je vois que cela te déplairait, je ne le prendrai pas... Allons, non, je ne le prendrai pas.
Le mouchoir reparatt.
MADAME DUBANDIN, à part.
C'est une violence affreuse! II me menace!... (Haut.) Mais, puisque je ne m'y oppose plus... puisqu'on vous répond de lui, puisqu'on vous assure qu'il est délicat, intelligent... Ces employés-là sont rares...
DURANDIN
Ah ça ! entendons-nous ! Tu me dis de le prendre et de ne pas le revoir... Tu veux donc que je le prenne les yeux fermés?... Bon pour un instant, mais je ne peux pas...
MADAME DURANDIN
Eh! mon Dieu! je suis plus embarrassée que vous !
DURANDIN
Dois-je le prendre? dois-je le chasser?...
COTILLARD, agitant très-vivement le mouchoir.
Le grand jeu ici!
MADAME DURANDIN
Prenez-le! prenez-le ! je. vous en conjure!
DURANDIN
Mais je ne demande pas mieux... S'il était là, je lui dirais ; Vous convenez à ma femme, c'est une affaire arrangée.
COTILLARD, passant sa lète sous le bras de Durandio et se trouvant
nez à nez avec lui.
Merci, vertueux Durandin, soyez béni !
DURANDIN
Quoi! vous étiez là?
COTILLARD.
Mais oui... Permettez-moi de me précipiter dans
VOS quatre bras et d'y demeurer quelques instants.
(S'avMçut ters madame Dnrandin.) Madame !
DUBANDIN, l*arrètanU
Non ! dans les miens!... Restez-y plus longtemps, j'aime mieux ça !
Ild 8*embraBsent.