SCENE XVII
ROSE, Madame DURANDIN, DURANDIN, COTILLARD,
NATHALIE
ROSE, à Nathalie.
II embrasse monsieur, à présent?
COTILLABD, à Durandin.
J'avais celte lettre de recommandation à vous remettre... On me dit chez vous que vous êtes parti pour votre maison d'Auteuil... Que fais-je 1 Je prends mes jambes à mon cou, chose matériellement impossible, mais c'est un mot qui se dit...
DURANDIN
C'est un mot qui se dit!... II a, ma foi, raison, le mot se dit.
COTILLARD.
Vous voyez bien... j'arrive... je trouve ici mademoiselle, que je ne connais pas.
NATHALIE, scandalisée.
Ah!
COTILLARD, bas, à Nathalie.
C'est pour détourner les soupçons. (Haut.) Elle m'apprend qu'elle est marchande de modes et qu'elle attend madame...
4S6 L'OMELETTE FANTASTÎQUE.
NATHALIE
Oui, Madame, je suis de chez madame Hocquet ; je venais de sa part pour prendre vos ordres, et j'étais en train d'en causer avec M. Reptile, lorsque monsieur...
DUBANDIN, étonné.
Qui ça, M. Reptile?
COTILLABD, à Dorandin.
Elle se trompe... elle ne vous connaît pas!
SCADAMB DUBAKDIN, à Cotillard.
Ah I et c'est pour aider mademoiselle à m'attendre que vous déjeuniez avec elle?
COTILLABD, bas, à madame Darandin.
C'était pour détourner les soupçons... quand j'ai su que vous n'étiez pas veuve !
MADAME DUBAKDIN, h part.
Il a de l'esprit !
Elle remonte la scène.
DUBANDIN.
En effet, c'est louche, ça... Vous déjeuniez avec mademoiselle ?
COTILLABD, bas, à Durandin.
Je^savais que votre femme était ici... je connaissais vos projets sur Nathalie... j'ai tout pris sur nion compte, malheureux homme, pour détourner les soupçons !
DUBANDIN, haut.
Je vous donne 2,000 francs, la table et le logement, {k sa femme.) Nous faisous uos couventious. Dès demain, je vous remets les livres, la caisse, tout! Je suis sûr que nous nous entendrons parfaitement.
COTILLAKI>, regardant madame Duraudia.
Je Tespère.
ROSE, bas, à Cotillard.
Ainsi, vous ne connaissiez ni madame, ni mademoiselle ?
COTILLARD.
Pas le moins du monde!
ROSE
Je comprends, c'était...
COTILLARD.
Pour détourner les soupçons, (a madame Ourandin.)
Madame, je suis bien coupable...
MADAME DURANDIN, avec embarras.
Mais...
COTILLARD, rinterrompant.
Mais vous avez laissé tomber votre mouchoir; permettez-moi de vous le rendre.
MADAME DURANDIN
Il a de la délicatesse.
COTILLARD, bas.
Et de la discrétion.
DURANDIN
Allons, à table! mon cher ami, à table! Aimezvous Tomelette?... Elle est brûlante !
COTILLARD, avec force.
Si je Taime?... Ah! grand Dieu!
Rose ! quatre couverts, et lestement !
ROSE
Oui, Monsieur!
COTILLARD.
Pauvre Rose ! tout le monde en sera, excepté celle qui m'avait engagé... Il est vrai que ce n'était que pour 18042... Je n'aurais jamais pu attendre jusque-là.
Tout le monde s'assied à table.
DURANDIN, ramenant Cottllard, qu'il fait lever de table, sor le devant
de la seène.
Et vous ne chercherez plus, farceur, à me faire accroire que la trompe de l'éléphant est en caoutchouc !
COTILLARD.
C'était vous?
DURANDIN
Ah! malin!... J'ai pris des renseignements auprès du vétéran de service... Elle est en gomme élastique.
COTILLARD, étonné.
Tiens !
Il se rassied.
GHGEUR.
Air : ciel! quelle aventure !
Par un tien durable, Quand nous nous unissons.
Formons nos nœuds à table, Déjeunons sans façons.
Déjeunons sans façons.
L'orchestre donne un accord pour le couplet final. Cotillard n'a pas l'air de l'entendre et mange. Un second accord est donné ; il se lève impatienté et en disant : Encore ! Puis s'approche et ehanle.
COTILLARD, au public.
Air du vaudeville de la Somnambule.
L*amitiê doit être indulgente, Manger sans vous, Messieurs, c'est mal, je croi,'
Si romelelte était plus importante, >
Je vous dirais : Déjeunes avec moi î Mais o*e8t, hélas ! un plaisir impossible :
J'ai, par malheur, des amis trop nombreux, Et je me vois réduit (c^est bien pénible !) A manger une om*lett\.. sans eux,
ReptHse, Par un lien durable, elc.
FIN DB l'OMBLETTE FANTASTIQUE.