SCÈNE II
CHARLOTTE, DUVAL, en robe dt ekamkre, entrant par ta
drwVe; JOCRISSE.
DUVAL
Eh bien ! mon habit?... je ne puis donc pas l'avoir aujourd'hui?...
^ CHABLOTTB.
Dans une minute, Monsieur.
JOCBISSB.
Je m'en vas vous dire c c'est qu'il y a un bouton qui a manqué, et qui manque même encore.
DUVAL
A un habit neuf?*.. Il faut qu'on l'ait arraché!... Qui a fait cette maladresse ?
LE PKB&OQUET.
Jocrisse,
DUYAL, k JoeriiM.
Tu l'entends?
JOCBISSE.
Si monsieur écoute les propos d^un oiseau, je n^ai plus qu'à me taire.
DxnrAL.
Tu devrais toujours commencer par là.
JOOBISSS.
Monsieur, cet animal m'en veut; nous avons eu des mots, et voilà pourquoi il pratique la calomnie à mon endroit.
Des mots!... avee le perroquet?
JOCRISSE
Oui, Monsieur ; hier, je lui demande s'il a déjeuné, Jacquot?... C'est une question qu'on peut se permettre, même avec les premiers perroquets, (s'avaiiçant
d'un tir réTérencieux vers laeage,) Je UC Crois paS VOUS avoir
manqué en vous disant cette parole... (u reTient près de DuTti.) Eh bien ! Monsieur, il m'a répondu une chose grossière et mul placée dans une bouche d'oiseau... Vous comprenez bien que je n'irai pas me prendre
de bec avec lui; je lui ai tourné le dos, et nous sommes en délicatesse.... voilà la vérité... (ATee conTiciion.) Si je mens, qu'à Tinstaùt même, je sois couvert de boutons à vos yeux.
DUVAL, riant.
Tu serais plus heureux alors que mon habit.
JOOBISSE, riant tuBgi.
Je pénètre votre pensée.
DUVAL
Cest que quand il y a une bêtise à faite, pas de danger que tu la cëdes à un autre.
JOCRISSE
C'est vrai que je suis cassant; c'est vrai que j'ai la main un peu... frivole.
CHARLOTTE, allant porter l'habit sur la chaise.
C'est passa faute, Monsieur; faut lui pardonner... il est venu au monde sous une mauvaise étoile.
JOCRISSE
En 1821, l'année de la grande éclipse... Vous savez bien qu'on disait que le monde devait être brisé, cassé en mille miettes cette année-là; il paraîtrait que j'ai été envoyé pour commencer la chose.
DUVAL
Prends garde que je ne t'envoie finir ta mission ailleurs que chez moi...
JOCRISSE
Oh I Monsieur! plus souvent.
DUVAL
Comment, plus souvent!... Il ne faudrait-pas trop m'en défier.
Ail dYelva»
Car il se peut qu'à la fin je me ksse ; N*en ai- je pas «ujet à tous moments ?
Voyons! réponds, enfin, si je te chasse, Que feras-tu?
JOCRISSE
Je frai... des gémissements.
DUVAL
Mais tu seras sans asile.
Oh! n'importe 1 J* connais vot' cœur, ça n' vous Trait pas plaisir. Et si quelqu* jour, vous m* mettez à la porte. Je sonn*rai tant que vous viendrez m*ouvrir.
BUY AL, lui pinçant l'oreille en souriant.
Drôle que tu es l si ce n'était en souvenir des services de ta famille, pour ta sœur, qui est douce, adroite, soigneuse. . .
CHABLOTTE'.
Ah! Monsieur, que de bontés !...
DUVAL
Voyons, passe-moi mon habit!... Quand tu me regarderas comme un imbécile...
JOCRISSE, allant chercher l'habit.
Monsieur, je ne vous regarde pas comme ça du tout... au contraire.
Il prétente la manche droite de l'habit, et DuTal y engage le brai gauche.
. DUVAL, fâché.
Encore!... Va-t*en, tiens, va-t'en!
JOOBISSS^ effrayé, et s'éloignant.
Dame, Monsieur, vous m'ahurissez.
DUVAL, pasml ion. habit lui-même.
Va-t'en, te dis-je l... S'il est permis... un garçon de cet âge-là, n'être bon à rien L-
JOGBISSB, plenrant.
Mais, Monsieur, je ne suis encore qu'un enfant; je n'ai que vingt ans.
DUvAL, avec humeur.
Vingt ans!... c'est un peu vieux pour un enfant.
JOOBISSS, m tortant.
Mais c'est bien jeune pour un octogénaire.