‹ Théâtre choisi de F.-A. DuvertChapitre 64 sur 197 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ISIDORE, DERBIGNY, venant de la droite, ensuite LAMBERT.

DEBBIQNY, il a passé un habit.

Eh bien 1... Que fais-tu donc là?

ISIDORE, interdit descendant en scène.

Hoi, mon papa... rien... je réfléchissais... à mes hypothèques.

BEBBIGNY, alUnt à la table de gauche.

A la fenêtre ?

ISIDOBE, i part.

Un mensonge !... ô Dieu !...

Il gagne à droite.

Une lampe allumée, et il fait grand jour... (a part, en éteignant la lampe.) Pauvre garçou ; c'est Fardeur au travail. (Haut.) As- tu fini ta composition ?

ISIDORE, interdit.

Oui, oui, mon papa ! (a. part.) Encore un ! J'abuse de sa confiance, article 406. (Haui,aTec énergie.) Article 406, papa !

DERBIGKY.

Article 40&, tant mieux!... Ah çal je voulais te dire... Tu sais que La Pierre Meulière m'a chargé de ramener à Briare sa fille Pauline, qui était allée passer quelques mois chez sa marraine, à Auteuil. J'ai été la chercher hier, elle est ici ; j'espère que tu ne vas plus être gauche avec elle : te voilà Parisien, il faut te montrer galant.

ISIDORE

Elle se moque toujours de moi ; ça ne pousse pas à la galanterie, ça.

DERBIGNY.

Parce que tu es maladroit, emprunté ; les jeunes personnes n'aiment pas ça... un mot aimable, un cadeau, cela fait très-bien.

ISIDORE

Un cadeau, avec mes trente sous par mois...

DERBIGNY.

J'y ai pourvu... tiens, offre-lui ce bijou.

U lai donne une broche.

Oh ! la jolie broche I

i4i UN DOCTEUR EN HERBE.

DERBIGNY.

Je tiens à ce que tu plaises à Pauline... Il le faut pour gagner Taffection de son père.

ISIDORE

Oui, mon papa.

DERBIGNY.

Il y a entre nous certain projet... que tu n'as pas besoin de connaître.

ISIDORE

Non, mon papa.

DERBIGinr.

Tu vois ma confiance en toi...

ISIDORE

Oui, mon papa.

DERBIGinr.

La Pierre Meulière est riche, il a le bras long...

ISIDORE

Ah ! je n'ai pas remarqué...

DERBIGNY.

C'est une façon de parler.

Ah ! bien I bien !

DERBIGNY.

Il veut faire de toi un magistrat... un procureur du roi... Tu deviendras la bête noire des accusés, tu requerras contre eux les peines les plus... affligeantes... C'est gentil, ça!

ISIDORE

Oh ! oui, mon papa.

DERBIGNY.

Sois donc bien aimable avec Pauline.

LA

Lo théâtre représente le palier d'un des étages d'une maison de Paris et dont le fond est à pans ooupés; — ^^ A gauche, au premier plan, l'appartement de Grinohet ; sur la porte est clouée une carte de visite qui porte son nom; un paillasson devant la porte. — Au deuxième plan j Tesoalier qui conduit au rez-de- chaussée. — Au troisième plan, au milieu du fond, porte principale d'un apparte. ment; elle est ouverte. — Dans les pans coupés, deux petites pièces dépendantes de l'appartement du fond, celle de gauche a été transformée en vestiaire, ceUe de droite en office. On voit d'un côté des pelisses et paletots déposés; de l'autre des rafraîchissements préparés. Ces trois portes du fond sont ornées pour un hal et tendues de tapisseries. A droite, au premier plan, l'appartement loué par Athanase, mais qu'il n'hahite pas encore; cordon de sonnette; sur la porte, une plaque en cuivre, avec le nom du locataire. — Au second plan, l'escalier qui monte aux étages supérieurs. — Sur le mur, au-dessus de l'office, est écrit en gros caractères: Deuxième étage, — De chaque côté de la porte du fond, et auprès do l'escalier, à droite et & gauche, sont des caisses de fleurs. — La porte du fond ouverte laisse voir l'antichambre de l'appartement. Cette antichambre est décorée au fond d'une console garnie de fleurs; un lustre allumé est au milieu de l'antichambre. Lampes sur le carré, & droite et à gauche de la porte du fond sur des supports, d'autres lampes auprès de l'escalier, à droite et à gauche.

Page 1