SCENE PREMIÈRE
BARBOTIN, DOROTHÉE, hommes de peine, ensuhe
' GRINGHET.
Au lever du rideau, un tapissier , mouté sur une pelite échelle, achève de clouer les tapisseries au fond, à gauche. Un homme de peine monte de
i'escalier de gauche avec une banquette. Il se repose un instant sur le carré. Deux hommes de peine sortent de l'appartement du fond en portant un meuble et s'arrêtent aussi sur le carré. Un domestique en habit noir, ser- Tiette au brai, règle te feu des lampes. Barbotin est à l'office et' prépare des raTraichinemeots. — Pendant le chœur, deux musiciens, portant un pupitre et des instruments de musique, passent dans Panlichambre au fond, de gauche à droite.
CHOEUR
AiB : Giovinette {Don Juan).
Dépêchons,
Travaillonfl, il lo faut pour le bal qui s'apprête ; Hâtons-nous d'embellir ce palier :
N* faut rien oublier. {tU.) Par nofl soins Que, du moins.
Tout ici prenne un air de fête !
• En jardin, déguisons du premier Le palier, L'escalier.
Oui, que tout prenne un air princier!
De cela {bis.) Le pourboir* nous récompensera.
Le crochcteur^ qui portait une banquette, la porte dans l'antichambre,
au fond, puis revient.
BARBOTIN, habit noir, teaae de domestique de lomage, vesant de l'olfice,
aux autres :
Voussavei ce qu'il vous reste à faire?
€0 n'est pas une petite affaire
Quand on veut donner un grand bal,
Et qu'on n'a qu'un petit local.
GHOfiUR.
De cela {bh.) Lepourboir' nous récompensera, Nous récompensera, [bis.)
Les deux musiciens paraissent de nouveau au fond, avec des instrumeols»
GBiNCfiET, passant la tête à la porte du premier plan, à gauche ;
il est furieux.
Sacrebleti! altez-vous vous taire? La maison serait
LA CLëF dans LB dos. 23f
prise d'assaut par les Autrichiens que ça ne serait pas pire.
BABBOnN.
Mais, monsieur Grinchet;"mam' Giraumont donne un bal, nous montons ses meubles au-dessus, nous ne sommes pas fautifs.
GRINCHKT.
Taisez-vous, portier. Les bals incommodent les voisins I tous ceux qui donnent des bals sont des rien du tout!...
Il ferme violemment ga porte et disparaît. Les deux musiciens, qui s*étaient
arrêtés^ diaparatecnt ea rianl.
DOEOTHÉE.
Excusez ! que ça de bile I
BARBOTIN
C'est un employé au Mont-de-Piété qu'a eu des désagréments avec son épouse, que même ils ont été devant les tribunaux pour se déjoindre.,, il rage toujours... Allons, vous autres, débarrassons le
plancher, et vivement ! . . . (Les hommes de peine disparaissent, les uns par l'office, d'autres par le fond. Deux d'entre eux montent le meuble par
rescaiier de droite.) Et VOUS, Dorothée, ma fille, au vestiaire I (Deux dames en costume de bal entrent par l'esealler de gauche, at entrent dans l'appartement.) VoUS êtCS iustitUtricC dcS palctOtS. ( Un cavalier et une dame entrent et tout au testiaire déposer un
manteau.) Tàchcz de ne pas mêler vos élèves. Il y a
déjà pas mal d'invités arrivés. (Barbotin regarde dans l*esca. lier, à gauche. Un caTalier et une dame entrent et Tont droit au bal.) En V'ià d'autres qui montent. (Le catalier et la dame, arrêtés au Tcstiaire, entrent au bal.) TieU^I c'cst C'te dame qUC je vicUS
de voir descendre de voiture sans sa robe.
DOROTHÉE, revenant en scène.
Sans sa robe?
BARBOTIN, riant.
Oui ! le bas de sa robe était resté accroché dans le cabriolet; il n'y avait que cette dame qui ne s'en apercevait pas... (u voyant entrer.) Chutî
Dorothée va s'asseoir dans le vestiaire. Barbotin s'éloigne par le fond.