SCÈNE XII ISIDORE, LAMBERT, DERBIGNY
LAMBERT
Mon Dieu !... qu'est-ce donc?
DBBBIONY.
Un malheureux qui fera la honte de sa famille ! un examen à passer demain, et il n'a encore rien fait... Vous qui êtes laborieux, comprenez-vous cela?
^ Il remoDte un peo.
ISIDORE, suppliant et remontant autii.
Papa, ne vous fâchez pas, je serai prêt, je vous le promets 1
LAMBERT, & part sur rayant-scène.
Pauvre garçon I... 11 faut que je le tire de là !
(A Derbigny qui redescend. Baut.) D'autaUt pluS facilement
que Texamen est ajourné de quinze jours, Texaminateur est malade, c'est moi qui le traite, il ne sortira de mes mains que quand Isidore sera prêt.
DERBIGNT, montrant Isidore, qui est redescendu aussi.
Il le savait donc !
Parbleu I
ISIDORE, à part.
Qu'est-ce qu'il dit là ?
DERBiaNY.
Malheureux enfant, pourquoi ne m'avoir pas parlé de cela ?
ISIDORE
Papa... papa... c'est... parce que...
LAMBERT, à Derbigny, «tcc reproche.
Parce que vous Tavez attaqué avec une telle violence, qu'il n'a plus su où il en était.
DERBIGNY.
Bon ! vous allez me persuader aussi que c'est moi qui ai introduit cette femme là, dans sa chambre.
ISIDORE, à pan.
Oh ! Dieu ! oh ! Dieu ! ça va recommencer I
LAMBERT
Quoi !.. il ne vous a pas confié... généreux ami I...
Il se jette dans lei bras d*Isidore.
ISIDORE, très-étonné.
11 m'embrasse à présent !
Expliquez-vous.
LAMBERT, avec aplomb.
C'est pour moi qu'elle est ici.
DERBIGNY.
Pour vous ?
ISIDORE
Ah!
LAMBERT
En tout bien, tout honneur... une jeune fille qui est venue me consulter... pour sa mère... en me quittant, elle entendit la voix d'un de mes clients... sa démarche pouvait être mal interprétée... je suis garçon... vous comprenez... Elle me pria de la cacher... la chambre d'Isidore était ouverte, elle s'y
précipita, et lui, en ami dévoué, au risque de vous déplaire, ne voulut pas révéler...
DEBBiaiTY.
Est-il possible ?
ISIBOBB, énerreillé, à part.
Ah ! comme il ment bien I
DERBiaNY.
Et je l'accusais I
LAMBEBT, ayec reproche.
Le soupçonner, lui, si candide! Ah! monsieur Derbigny !
Derbigny.
En effet, ça n'avait pas le sens commun !... et moi qui soupçonnais cette vertueuse jeune fille ! Mais aussi, tu te troubles d'un rien ; voyez ! il est encore tout tremblant.
ISIDORE
Le fait est que je suis... ah ! je suis bien ému !
DERBIGNT, allant à Isidore.
Voyons, remets-toi, et tâche de te rappeler où est la broche que j'ai achetée pour Pauline.
LAMBERT, à part.
En voici bien d'une autre ! ^
ISIDORE, désolé, à part.
Ah!... je croyais que c'était fini !...
LAMBERT, gaiement, et cherchant à donner le change.
Je gage que vous avez cru qu'il l'avait donnée à cène. . •
DERBIONY.
Je l'avoue, je m'en accuse, franchement, je l'avoue... Mais, qu'en a-t-il fait?
n cherehe i gauche soos la table.
LAHBEBT.
Ah ! oui, qu'en a-t-il fait ? (a part, em remonUnC la scène à
droite.) Â Tuoins d'un miracle, du diable si je sais comment le tirer de là, par exemple !
ISIDOBE, à part.
Je n'en sortirai jamais !
Faméla entr'ouTre la porte et met la broche aur la table. Lambert seul aperçoit ce mouvement, mais sans pouvoir reconnaître Paméla.
LAHBEBT, à part.
Voilà le miracle!... Une grisette qui restitue!... (Haut, aUant à la table.) Il cst impossible qu'cn cherchant
bien... (U prend la broche.) NOU, ricU !... (Passant auprès d'Isidore et la lui mettant dans la main. Hant.) MaîS il Ta à la
main !
ISIDORE
Hem ?... Tu di,S... quoi..* (Regardant dans sa main et jetant un cri de surprise mêlée de joie.) Âh !... ah !... Mai S là VOilà !...
DEBBIGNY.
Ah ça ! mais tu Tavais donc ?
ISIDOBE.
Non, papa... (umbert le iire par rhabii.) Cest-à-dire je Tavais donc... Oui, papa... il paraît...
DEBBIGNY.
Étourdi. (Avec importance.) Vois commc Tinnoceut est parfois en butte à d'injustes soupçons... Vois comme les preuves les plus accablantes sont quelquefois trompeuses !
ISIDOBE.
Je vois,
DEBBIGNY,
Et, si jamais tu deviens procureur du roi, n'oublie pas cette leçon.
Il paaie à droite et as dettième plan poor prendre son paktol.
LAMBEBT, d'ua ton solennel et railleur.
Profitez, jeune homme 1
ISIDOBE.
Oh ! je n'oublierai rien.