‹ Théâtre choisi de F.-A. DuvertChapitre 9 sur 197 · IV · texte numérisé non relu

IV

DUVAL

Puis-je rêtre? je n'ai pas osé lui faire ma déclaration formelle.

CHABLOTTE.

Vrai?

DUVAL

Sur rhonneur.

CHARLOTTE

Et pourquoi?

DUVAL

Parce que... elle m'impose... elle a le maintien si sévère ! et moi qui suis si emprunté quand il s'agit de ces choses-là !

CHABLOTTE.

Il faut pourtant bien que quelqu'un commence, et ce n'est pas elle

DUVAL

Sans doute.

CHARLOTTE

Dame! rappelez-vous ce que vous faisiez autrefois, et faites de même.

DUVAL

Moi ? mais ; je n'ai jamais fait de déclaration d'amour.

CHARLOTTE

Jamais ?

DUVAL

; Jamais.

CHARLOTTE, à part.

Oh! cette idée! (Haut.) C'est égal, Monsieur; il me semble que quand on a vos qualités, qu'on est aimable, on ne doit pas être en peine pour ça.

DUVAIi.

Je voudrais bien te voir à ma place.

CHABLOTTE.

A votre place, non ; mais si j'étais à «elle de votre fiancée...

DUVAL

Que ferais-tu, Charlotte? voyons !

GHABLOmS.

Je tâcherais de ne pas trop vous effrayer.

DUVAL

C'est là justement ce qu'elle ne fait pas.

CHABLOTTE, aT«e finette.

Elle a tort! Dame, aussi, peut-être qu'elle ne vous aime pas assez pour ça.

DUVAL

Non, c'est moi qui manque d'aplomb, d'habitude.

CHARLOTTE, riant d*im tir rtUlolT.

A votre âge, et avec une jeunesse... Ah !

Avt de Céline. Oui, Je manque de hardiesse.

CHABLOTTE.

Tenez, Monsieur, je vois votre embarras ; En ftiit d' déclarations, d* tendresse, * L' plus diffieir, dit^)D, o*est 1' premier pas. Pour bannir tout* erainte importune Essayez, avec moi seul*ment, P't-ét* quand vous en aurei IkH une, Qu* la s*cond' viendra plus facilement.

DUVAL

Oh ! avec toi je ne serais pas embarrassé.

n LA SOEUR DE JOCRISSE.

CHABLOTTE, avec moquerie.

En vérité !

DUVAL

Je commencerais. «^

CHARLOTTE

Par où?

DUVAL

Par te demander un bon baiser.

CHARLOTTE

Vous allez vite.

DTJVAL.

Et qu'est-ce que tu répondrais à ça ?

CHARLOTTE

Je refuserais.

DUVAL

J'en serais quitte pour le prendre.

CHARLOTTE, se sauvant.

C'est ce qu'il faudrait voir l

DUVAL, la poursuiTant.

Oh! tu aurais beau te sauver...

CHABLOTTE, courant.

Finissez, Monsieur... c'est assez plaisanter comme ça.

DUVAL, de même. *

Il faut absolument que je t'attrape.

Charlotte se sauve en riant, et fait le tour de la chambre en éTitant DuTal ; parvenue auprès du guéridon, au moment où Dnval lui saisit le bras, elle pousse le vase et le fait tomber.

CHARLOTTE, jetant nn cri.

Ah ! (A part.) J'ai réussi !

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