THEODORE, LEONOR
Théodore.
Ha! Dieu, que cet effroy me trouble et me confond ! Tu vois que ton rapport à mon songe répond, Et sur celte frayeur tu condamnes mes larmes! Je me mets trop en peine, et je prends trop d'alarmes !
Leonor.
Vous en prenez sans doute un peu légèrement Pour n'avoir pas couché dans son appartement. Est-ce un si grand sujet d'en prendre l'épouvente. Et de souffrir qu'un songe à ce poinct vous tourmente ? Croyez-vous que le prince, en cet âge de feu Où le corps à l'esprit s'assujettit si peu, Où l'ame sur les sens n'a point encor d'empire. Où tousjours le plus froid pour quelque objet soiîpire, Vive avecque tout l'ordre et toute la pudeur D'où dépend nostre gloire et nostre bonne odeur?