‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 104 sur 183 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Cheichés-vous des clartés dans lesnuits d'un jeune homme Que le repos tourmente, et que l'amour consomme? C'est les examiner d'un soin trop curieux, Sur leurs deportemens il faut fermer les yeux; Pourn'en point estre en peine, il n'en faut rien apprendre, Et ne cognoi.ire point ce qu'il faudroit reprendre.

Théodore.

Un songe interrompu, sans suite, obscur, confus, Qui passe en un instant, et puis ne revient plus. Fait dessus nostre esprit une légère atteinte, Et nous laisse imprimée ou point ou peu de crainte; Mais les songes suivis ou dont à tout propos L'horreur se remonstrant interrompt le repos. Et qui distinctement marquent les adventures, Sont des advis du Ciel pour les choses futures. Helas! j'ay veu la main qui luj perçoit le flanc ! J'ay veu porter le coup, j'ay veu couler son sang, Du coup d'une autre main j'ay veu voler sa teste, Pour recevoir son corps j'ay veu sa tombe preste, Et, m'écriant d'un ton qui t'auroit fait horreur, J'ay dissipé mon songe, et non pas ma terreur. Cet efîroy de mon lict aussi-tost m'a tirée, Et, comme tu m'as veuë, interdite, égarée, Sans toy je me rendois en son appartement. D'où j'apprends quema peur n'est pas sans fondement. Puisque ses gens t'ont dit... Mais que voy-je?

i5o VENCESLAS.

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