‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 156 sur 183 · ACTE 111, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE II

Syra.

Quelle audace est la vostre !

Moy, téméraire !

Sardarigue.

Vous.

De quelle part?

Sardarigue.

Du roy.

Syra, Imposteur! Cosroés t'impose cette loy!

Sardarigue.

Cosroés n'a-t'il pas déposé la couronne ?

Syra.

Qui donc? Est-ce mon fils, traistre, qui te l'ordonne !

Sardarigue.

Vostre fils m''ordonner? En quelle qualité ?

Syra.

De ton roy, de ton maistre, insolent! effronté !

Sardarigue.

Syroés est mon roy, Syroés est mon maistre; La Perse souz ces noms vient de le recognaistre.

Syra.

Dieux !

Sardarigue.

Et, pour le venir recognoistre avec nous, Nous avons ordre exprez de nous saisir de vous.

Syra.

De te saisir de moy, perfide?

Sardarigue.

De vous-mesme.

aao COSROES.

Syra, regardant autour de soy.

Et l'on ne punit pas cette insolence extresme ! Un traistre, un desloyal, pour ma garde commis, Attente à ma personne et sert mes ennemis 1 Avec tout mon crédit et toute ma puissance, Je ne trouve au besoin personne à ma deffence ! Flatteurs, foibles amys, vile peste des cours, Lasches adorateurs, j'attends vostre secours. Que devient aujourd'huy vostre foule importune? Ne sacrifiez-vous qu'à la seule fortune? Et, pour estre à l'instant abandonné de vous, Ne faut-il qu'esprouver un traict de son couroux? Quoy! pas un vray subjet, pas une ame loyale Dedans Persepolis, dans la maison royale ! Ma plainte est inutille, et mes cris superflus ! Et la cour dans la cour ne se treuveraplus !

Sardarigue.

Allons, vostre party ne treuvera personne.

Syra.

Le Ciel l'embrassera si le sort l'abandonne, Et veille avec trop d'yeux sur l'interest des roys Pour laisser outrager la majesté des loys.

Sardarigue.

C'est en son équité que Syroés espère.

Syra.

Après s'estre emparé du trosne de son père!

Sardarigue.

Après que vostre fils veut s'emparer du sien. Mais j'obeys, Madame, et n'examine rien.

Syra.

Il faut que tout périsse, ou ma vengeance, traistre, M'apportera ta teste et celle de ton maistre.

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