LE ROY, LE COMTE, LEONOR
SuiTTE DE Gardes.
Leonor venant d'un cosié, le Koy de f autre.
SIRE, si cette amour dont vous m'avez flattée, Qu'à ma confusion j'ay si peu méritée, Quoj que sans interest, a quelque vérité , J'en demande une preuve à Vostre Majesté.
Le Roy.
D'un droict plus absolu sur moy que sur vous-mesme, Sans reserve exercez vostre pouvoir suprême; N'employez à vostre ayde autre que vostre soin. Et faites-vous le bien dont vous avez besoin ; Vous verrez en effet si cette amour vous flatte , Je feray vanité d'obliger une ingrate, Et de persuader un insensible objet Qu'encor que souverain je l'adore en sujei.
6o DO M BERNARD DE CABRER E.
N'oze nourrir pour luy de flame intéressée, Ny jusqu'à vos faveurs eslever ma pensée; D'un souverain empire accomplissez vos vœux, Et dites seulement : « Je commande et je veux. » Vous-mesme exaucez-vous.
Leonor.
Vous agréerez donc, Sire, Qu'en faveur de Perés j'exerce cet empire. Comte, du secrétaire allez briser les fers; C'est par mon ordre, allez.
Le Comte.
Madame, je vous serts.