‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 38 sur 183 · LE ROY, LE COMTE, LEONOR · texte numérisé non relu

LE ROY, LE COMTE, LEONOR

SuiTTE DE Gardes.

Leonor venant d'un cosié, le Koy de f autre.

SIRE, si cette amour dont vous m'avez flattée, Qu'à ma confusion j'ay si peu méritée, Quoj que sans interest, a quelque vérité , J'en demande une preuve à Vostre Majesté.

Le Roy.

D'un droict plus absolu sur moy que sur vous-mesme, Sans reserve exercez vostre pouvoir suprême; N'employez à vostre ayde autre que vostre soin. Et faites-vous le bien dont vous avez besoin ; Vous verrez en effet si cette amour vous flatte , Je feray vanité d'obliger une ingrate, Et de persuader un insensible objet Qu'encor que souverain je l'adore en sujei.

6o DO M BERNARD DE CABRER E.

N'oze nourrir pour luy de flame intéressée, Ny jusqu'à vos faveurs eslever ma pensée; D'un souverain empire accomplissez vos vœux, Et dites seulement : « Je commande et je veux. » Vous-mesme exaucez-vous.

Leonor.

Vous agréerez donc, Sire, Qu'en faveur de Perés j'exerce cet empire. Comte, du secrétaire allez briser les fers; C'est par mon ordre, allez.

Le Comte.

Madame, je vous serts.

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