‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 37 sur 183 · ACTE III, SCENE IX. 5 -j · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX. 5 -j

Le roy vous fait justice, et, parmy ses sujets, N'a point pour ses faveurs de si dignes objets; Il ne peut plus sans vous régner qu'il ne succombe, Et vous ne pouvez choir que son trône ne tombe.

D. Bern.\rd.

Au reste, Dom Carlos, prest de nous investir , Sans perdre un seul moment nous presse de parlii Et de faire marcher nos trouppes ramassées Contre ses légions desja trop avancées; Vostre bras peut du prince y vaincre le courroux. Et, certain du succès si je le suis de vous, J'oze espérer de voir, au retour de l'armée , Vostre malheur céder à vostre renommée ; Mais le temps presse.

D. LoPE.

Helas! cette nécessité De mon destin encor marque la dureté ! Et, suivant de l'honneur l'ordonnance importune, Je manque un rendez-vous d'où dépend ma fortune. Mais, ô puissants motifs des esprits généreux! Gloire, devoir, honneur, triomphez de mes vœux; Pour servir qui nous hait négligeons qui nous ayme, Et suivons la vertu pour l'amour d'elle-mesme.

D. Bernard.

Mais si ce rendez-vous vous importe si fort...

D. LopE.

Laissons-en l'importance au caprice du sort, Et formons-nous plutost à souffrir ses outrages Qu'à laisser de son gré dépendre nos courages ; Faisons tant qu'à la fin, de ma gloire confus, Il se laisse conter au rang de mes vaincus.

L'adorable beauté qui flatte mon attente Vaut bien de mon courage une preuve importante, Et me priver un soir du beau jour de ses yeux Pour une occasion de l'en mériter mieux.

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