SCENE III
L'INFANTE, LE COMTE, LE SECRETAIRE, LE ROY, Gardes.
Le Secrétaire, à genoux.
Sire, quels vœux rendray-je à Vostre Majesté?
Je n'ay pas ordonné de vostre liberté.
C'est moy qui vous la rends pour vous l'avoir ravie, Et sa perte sans moy vous eût cousté la vie ; Soyez-en moins prodigue, et menagez-la mieux.
L'Infante.
Seigneur, ce Dom Bernard, ce vaincueur glorieux Qui de tant de héros efface les histoires, Et qui peut moins conter de jours que de victoires, Dont presque les succès précèdent les souhaits, Suivy de tout le peuple entre dans le palais. A sa réception sa vertu vous invite.
Le Roy.
Allons et rendons-luy l'accueil qu'elle mérite; Faisons-en un exemple illustre à nos neveux, Et comme ses travaux rendons ses prix fameux.
Leonor, bas.
Tu m'opposes, Amour, une forte adversaire,
Mais j'ay contre la sœur la promesse du frère,
Et ce gage royal asseure mon espoir
Contre tout ce qu'elle a de charme et de pouvoir.