‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 50 sur 183 · SCENE II. L'INFANTE, D. BERNARD · texte numérisé non relu

SCENE II. L'INFANTE, D. BERNARD

L'Infante.

Quoy! me fuyr, admirai ! quoy ! vouloir m'éviter ! Ay-je des qualitez à tant espouvanter?

D. Bernard.

Vous resviez, et j'ay creu que quelque inquiétude Vous obligeoit, Madame, à cette solitude.

L'Infante.

li est vray, mais vous seul me pouvez relever Du soin qui m'inquiète et qui me fait rêver. Aujourd'huy,Dom Bernard, quelacourvouscontemple Dans le plus haut éclat d'un héros sans exemple; Qu'on vous voit avec joye autant et plus puissant Que fut jamais vassal d'un roy recognoissant ; Que l'un et l'autre sexe en vostre heur s'intéressent, Les dames sont en peine à qui vos vœux s'adressent, Et quels heureux appas, en la guerre des cœurs, Remporteront sur vous le titre des vainqueurs: Carvous ne voudriez pas cju'on vous crût invincible A la force d'un sexe à qui tout est possible. Qui se peut tout sousmettre, et de qui les regards Forçoient les Scipions et domptoient les Césars. Cet honneur s'estant donc fait tant d'ambitieuses,

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