ACTE I, SCENE VI. Ii
Quoy! Cassandre sera le prix d'une victoire Qu'usurpant mes emplois il desrobe à ma gloire? Et l'Estat, qu'il gouverne à ma confusion, L'espargne, qu'il manie avec profusion, Les siens qu'il agrandit, les charges qu'il dispense. Ne luy tiennent pas lieu d'assez de recompense. S'il ne me prive encor du fruict de mon amour, Et si, m'ostant Cassandre, il ne m'oste le jour? N'est-ce pas de tes soings et de ta diligence Que je tiens le secret de leur intelligence?
Octave.
Oûy, Seigneur ; mais l'hjmen, qu'on luy va proposer. Au succès de vos vœux la pourra disposer; L'infante l'a mandée, et, par son entremise, J'espère à vos souhaits la voir bien-tost soumise ; Cependant, feignez mieux, et d'un père irrité, Et d'un roy mesprisé, craignez l'authorité; Reposez sur nos soings l'ardeur qui vous transporte.
C'estmon roy, c'est mon père, il estvray, je m'emporte, Mais je treuve en deux yeux deux rois plus absolus, Et, n'estant plus à moy, ne me possède plus.