‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 136 sur 186 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

[A Valérie.)

Vous, cher fruict de mon lict, beau prix de ses exploits, Si ce front n'est menteur, vous approuvez mon choix. Et tout ce que l'amour, pour marque d'allégresse, Sur le front d'une fille amante, mais princesse, Y fait voir sagement que mon élection Se treuve un digne objet de vostre passion.

Valérie.

Ce choix estant si rare et venant de mon père. Mon goust seroit mauvais s'il s'y treuvoit contraire ; Oiiy, Seigneur, je l'approuve et bénis le Destin D'un heureux accident quej'ay craint ce matin.

(Se tournant vers Camille.)

Mon songe est expliqué : j'épouse en ce grand homme Un berger, il est vray, mais qui commande à Rome; Le songe m'effrayoit, et j'en chéris l'effet. Et ce qui fut ma peur est enfin mon souhait.

Maximin, hiy baisant la niain.

O favorable arrest, qui me comble de gloire Et fait de ma prison ma plus digne victoire !

Camille.

Ainsi souvent le Ciel conduit tout à tel poinct Que ce qu'on craint arrive, et qu'il n'afflige point. Et que ce qu'on redoute est enfin ce qu'on aime.

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