‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 145 sur 186 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

DIOCLETIAN, MAXIMIN, VALERIE,

CAMILLE, PLANCIEN, Suitte de Soldats,

Gardes.

Valérie.

Mon goust, quoy qu'il en soit, est pour la tragédie L'objet en est plus haut, l'action plus hardie ,

i88 SAINT GENEST.

Et les pensers, pompeux et plains de majesté, Luy donnent plus de poids et plus d'auctorité.

Maximin.

Elle l'emporte enfin par les illustres marques D'exemple des héros, d'ornement des monarques, De règle et de mesure à leurs affections, Par ses evenemens et par ses actions.

Plancien.

Le théâtre aujourd'huy, superbe en sa structure, Admirable en son art et riche en sa peinture, Promet pour le sujet de mesmes qualitez.

Maximin.

Les effets en sont beaux, s'ils sont bien imitez. Vous verrez un des miens, d'une insolente audace , Au mépris de la part qu'il s'acquit en ma grâce, Au mépris de ses jours, au mépris de nos dieux. Affronter le pouvoir de la terre et des cieux, Et faire à mon amour succéder tant de haine Que, bien loin d'en souffrir le spectacle avec peinej Je verray d'un esprit tranquille et satisfait De son zèle obstiné le déplorable effet. Et remourir ce traistre après sa sépulture, Sinon en sa personne, au moins en sa figure.

DiOCLETIAN.

Pour le bien figurer, Genest n'oubliera rien; Escoutons seulement, et trêve à l'entretien.

[Une voix chante avec un luth.) La pièce commence.

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