‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 159 sur 186 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Avec quelle pitié le peut-on secourir,

Si, sans pitié de soy, luy mesme il veut périr?

Natalie.

Allez, n'espérez pas que ny force ny crainte Puissent rien où mes pleurs n'ont fait aucune atteinte : Je connois trop son cœur, j'en sçay la fermeté, Incapable de crainte et de légèreté; A regret contre luy je rends ce témoignage, Mais l'interest du Ciel à ce devoir m'engage; Encor un coup, cruel, au nom de nostre amour. Au nom sainct et sacré de la céleste Cour, Reçoy de ton espouse un conseil salutaire, Déteste ton erreur, rends-toy le Ciel prospère; Songe et propose-toy que tes travaux presens. Comparez aux futurs, sont doux ou peu cuisans! Voy combien cette mort importe à ton estime! D'où tu sorts, où tu vas, et quel objet t'anime!

Adrian.

Mais toy, contien ton zèle, il m'est assez connu, Et songe que ton temps n'est pas encor venu , Que je te vais attendre à ce port désirable. Allons, exécutez le décret favorable Dont j'attends mon salut plûtost que le trépas.

Flavie, le livrant au geôlier et s'en allant.

Vous en estes coupable en ne l'évitant pas.

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