‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 177 sur 186 · SCENE IL MARCELE, LE GEOLIER, GENEST · texte numérisé non relu

SCENE IL MARCELE, LE GEOLIER, GENEST

Le Geôlier, à Marcele.

Entrez.

[Il s*€n va,) Marcele.

Et bien, Genest, cette ardeur insensée Te dure-t'elle encore, ou t'est-elle passée? Si tu ne faits pour toy, si le jour ne t'est cher, Si ton propre interest ne te sçauroit toucher, Nous osons espérer que le nostre, possible. En cette extrémité te sera plus sensible; Que, t'estant si cruel, tu nous seras plus doux, Et qu'obstiné pour toy, tu fléchiras pour nous. Si tu nous dois chérir, c'est en cette occurence , Car, séparez de toy, quelle est nostre espérance? Par quel sort pouvons-nous survivre ton trépas? Et que peut plus un corps dont le chef est à bas ? Ce n'est que de tes jours que dépend nostre vie, Nous mourrons tous du coup qui te l'aura ravie; Tu seras seul coupable , et nous tous, en effet , Serons punis d'un mal que nous n'aurons point fait.

Genest.

Si d'un heureux advis vos esprits sont capables , Partagez ce forfait, rendez-vous en coupables, Et vous reconnoistrez s'il est un heur plus doux Que la mort, qu'en effet je vous souhaitte à tous.

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