‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 24 sur 186 · ROTROU LUI · texte numérisé non relu

ROTROU LUI

d'une manière générale, et toute réserve faite pour le caractère de Kotrou.

Dans des Stances a un ami ', Kotrou rappelle ses péchés de jeunesse à celui qui en avait été le complice, et il afprme que le souvenir de ces jours criminels lui offense cruellement la mémoire. On pourrait même inférer des expressions dont il se sert que Kotrou, à Vépoque où il écrivait ces vers, s'était converti à une vie religieuse, peut-être à l'exemple de Corneille 2. Kotrou nous apprend dans la même poésie que sa renommée littéraire lui avait fait des amis à la Cour; mais il haïssait d'entrer dans les carrosses des grands et préférait à leur compagnie l'indépendance et la solitude. Aussi l'accusait- on de peu de complaisance. En revanche il parait avoir eu à un haut degré le sentiment de l'amitié. Ces stances mêmes en sont une preuve. Nous ignorons à qui elles étaient adressées.

Comme auteur dramatique, Kotrou est avant tout poète. Ce qui caractérise son œuvre prise dans son ensemble, c'est une flamme vagabonde de poésie qui court au travers : poésie amoureuse, héroïque, religieuse ; poésie de l'imagination et de l'esprit, sans grande profondeur, mais parfois d'une singulière élévation. Partout où s'offre à lui, soit dans l'histoire, soit dans la fable ou le roman, un sujet qui prête à des développements poétiques.

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