‹ Théâtre choisi de J. de RotrouChapitre 81 sur 186 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ANTIGONE SUR les murailles, POLYNICE.

Antigone.

Polynice, advancez, portez icy la veuë.

Souffrez qu'après un an vostre sœur vous salue. Mal-heureuse, hé ! pourquoy ne le puis-je autrement ? Quel destin entre nous met cet esloignement? Après un si long temps, la sœur revoit son frère Et ne luy peut donner le salut ordinaire, Un seul embrassement ne nous est pas permis, Nous parlons séparez comme deux ennemis. Hé ! mon frère, à quoy bon cet appareil de guerre, A quoy ces pavillons sur vostre propre terre? Contre quel ennemy vous estes-vous armé? Ne trembleriez-vous pas, si je l'avois nommé? Accordez quelque chose à la loi naturelle. Le soleil s'est caché pour semblable querelle : Vous vous plaignez, armez et frapez à la fois. Est-ce de la façon qu'on demande ses droits? Estoit-il d'un bon frère, et d'un prince modeste,

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