AUGUSTE, MADEMOISELLE DELORME, MADAME DURVILLE, M. DURVILLE
MADAME .DURVILLE
Venez, venez, monsieur; je suis bien aise de vous voir. J'ai à vous gronder. Est-il permis de se conduire de la sorte avec un voisin, un galant homme dans le malheur?
DURVILLE
Quoi donc, madame? qui peut m*attirer cette réprimande de votre part?
MADAME DURVILLE
Comment! monsieur, vous poursuivez avec acharnement ce brave M. Delorme! Il faut de Thumanité, monsieur Durville.
DURVILLE
Permettez-moi de vous dire, madame, gue je suis tout aussi humain qu'un autre; mais que vous n'entendez rien aux affaires de commerce, et qull ne vous convient pas même de vous en mêler.
MADAME DURVILLE
D'accord, monsieur. Mais quand une personne aussi intéressante que mademoiselle vient implorer mon appui, certainement je ne le lui refuserai pas; et si j ai quelque pouvoir sur vous...
DURVILLE
Mademoiselle, je suis fâché... {A «a femme.) En
134 DUHAUTOOURS.
vérité, madame, je ne sais à quoi vous songez de m^exposer à une scène aussi désagréable.
AUGUSTE, à mademoiselle Delorme*
Du courage.
MADEMOISELLE DELORMB.
Monsieur, ne nous accablez pas...
DURVILLB.
Mademoiselle, j'ai déjà usé de tous les ménapments possibles envers monsieur votre père; il y a un terme à tout, et la sûreté du commerce...
AUGUSTE
Eh quoi! mon oncle, oseriez-vous inculper la probité de M. Delorme? Ah! croyez que, sans les événements malheureux dont il est la victime, dès longtemps il se serait acquitté.
DURVILLE
Je n'ai pas de conseils à recevoir de vous, monsieur.
MADEMOISELLE DELORME
N'irritez pas votre oncle, monsieur Auguste.
MADAME DURVILLE
Allons, monsieur Durville, il y aurait de la barbarie à tourmenter une honnête famille.
DURVILLE
Eh bien I madame, je verrai, je m'arrangerai. (À sa femme.) Je ne VOUS pardonne pas de m avoir mis dans un pareil embarras.