‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 154 sur 426 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DURVILLE, DUHAUTCOURS, FRANVAL,

DELORME

DURVILLE

Que veut monsieur Delorme ? vient-il encore...

DELQEMB.

Il me semble, monsieur, que depuis hier j'ai assez exprimé l'intention de ne plus avoir recours auprès de vous à des prières aussi inutiles qu'humiliantes. C'est un autre motif qui m'amène.

DURVILLE

Un autre motif 1 il n'y a pas d'autre motif, et il ne peut pas y en avoir.

Puisse le trait généreux que je vais vous révéler vous faire rougir de vos procédés envers moil

152 DUHA0TGOURS.

Le voilà, monsieur, cet ami si digne de ce beau nom, qui, à la première nouvelle de mon désastre, a abandonné son pays, son état, sa familJe, a fait un voyage de deux cents lienes, pour m'arracher au malheur qui me menaçait.

FRANVAL

Votre fille n'est-elle pas ma filleule? N*êtes-vous pas mon ami? Je vous devais cela. Ce que je fais pour vous, vous Tauriez fait pour moi, n est-ce pas? Vite, des chevaux de poste, et me voilà. La conduite de M. Durville avec vous est bien plus faite pour étonner. C'est monsieur, je crois; eh bien! je ne m'en dédis pas. Vous êtes riche, je le savais avant d'arriver à Paris. Le train de votre maison, l'éclat de votre mobilier ne démentent pas l'opinion que j'avais de votre fortune. Gomment se fait-il que vous soyez le plus impitoyable des créanciers de Delorme? et pour combien? pour une somme de deux mille écus. (à Delorme.) N'est-ce pas deux mille écus que vous lui devez? (1 Durville.) Gorbleu 1 cela n'est pas bien. Permettezmoi de vous le dire. Il y a des débiteurs de mauvaise foi, je le sais ; il y a des étourdis, des ignorants qui font mal leurs affaires, parce qu'ils n'y entendent rien. Pour ceux-là, je vous aiderais à les poursuivre ; mais vous avez trop de discernement pour confondre un honnête l]omme, un bon négociant, avec des fripons ou des imbéciles.

DURVILLE

Monsieur, j'admire le dévouement avec lequel vous offrez de payer pour M. Delorme; mais avant de me blâmer, fl faudrait que vous fussiez instruit...

OUHAUTGOURS.

C'est qu'il est inconcevable qu'un inconnu vienne insulter les gens...

FRANVAL

Moi, je n'insulte personne, et je ne suis pas un inconnu pour M. Durville. Je suis Franval.

DURVILLE

Franval 1

FRANVAL

Commerçant de Marseille.

DUHAUTCOURS, à DurvUle.

Précisément le créancier que je craignais. Allons» mon ami, de la tête et du Iront! Je suis là.

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