ACTE III, SCENB VII
OURVILLE.
Ahl monsieur, pardon, si je...
FRANVAL
Point d*excuse. Je vous ai dit ma façon de penser. Tant mieux cour tous si ma franchise a fait quelque impression sur- votre esprit; parlons d'affaires. Je me charge de la dette de Deiorme. Vous allez me donner votre acquit de la somme qu'il vous doit, acompte de celle de cinquante mille francs que vous me devez, dont j*ai votre acceptation payable aujourd'hui, et que vous allez me compter sur-le-champ, s'il vous plaît. Dépêchons-nous, j'ai hâte; j ai besoin de cet argent pour satisfaire les autres créanciers de mon ami.
Monsieur, je suis fâché...
FRANVAL
De quoi? Cette proposition est simple, et vous ne pouvez, je pense, hésiter.
OURVILLE.
Pardonnez-moi, monsieur, mais...
FRANVAL
Gomment, il n'y a pas de mais... donnez-moi cinquante mille francs. Voilà vos billets.
DURVILLB.
Gela n'est plus possible.
FRANVAL
Comment?
OURVILLE.
Vous ignorez apparemment...
FRANVAL
Quoi donc ?
OURVILLE.
Les malheurs, les pertes, les circonstances m'ont forcé à prendre un parti cruel.
FRANVAL
Plalt-il ?
OURVILLE.
J'ai déposé mon bilan aujourd'hui.
OELORHB.
Ahl mon Dieu!
FRANVAL
Vous avez déposé votre bilan !
OUHAUTGOURS.
^Oui, monsieur, notre bilan est déposé. C'est le
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bruit public à présent. Il est étonnant que vous l'ignoriez.
DUfiVILLE.
Personne ne souffre plus que moi de cette affreuse calamité.
FRAÎÏVAL.
Eh bien 1 remerciez-moi donc, mon cher Delorme, d'avoir fait le voyage pour vous. C'est plutôt à moi à vous remercier; sans votre accident, je restais à Marseille, et monsieur que voilà arrangeait si bien ses affaires que je perdais mes cinquante mille francs.
DELOBMB.
Quel malheur pour vous I
FRANVAL, fort en colère.
Corbleul... {S" apaisant tout à coup,) J*allais me fâcher, cela ne me vaut rien. Ah I vous avez déposé votre bilan. En voilà donc encore une ; ce qui m'en plait, c'est que cela ne vous a pas empêché de donner une fête superbe hier.
C'est une nouvelle affreuse qui nous est arrivée ce matin, un coup de foudre.
FRANVAL
Pauvres gens! un coup de foudre! cela arrive toujours comme cela. Je ne vous reprocherai pas non plus d'avoir, au moment où vous alliez manquer vous-même, poursuivi avec acharnement un débiteur malheureux qui ne vous demandait que du temps, sans aucun sacrifice dont il eût à rougir. Vous me répondriez que c'est précisément ce qui prouve la nécessité de votre opération.
DUHAUTCOURS,
En effet, comment payer nos créanciers, qaand nos débiteurs ne nous paient pas ?
FRANVAL
C'est tout simple. Un seul mot, honnête et malheureux Durville : on verra ce bilan. Avez-vous bien pris toutes vos précautions ? Avez-vous bien clairement détaillé toutes les pertes, toutes les spéculations malheureuses dont vous êtes la victime?
DUHAUTCOURS.
Nous sommes en règle, monsieur.