PARIS
LAPLACB, SANCHEZ ET C'% ÉDITEUBS
3, RUE SÉGUIEB, 3
Nous ne le comparerons pas à Molière, comme on l'a essayé plus d'une fois. Lni-môme s*indignait de la comparaison, et faisait bien.
11 se connaissait — nous en aurons plus d'une fois la preuve — et il permettait tout au plus qu'on Tassimilât à Dancourt, ce qui était alors trop modeste. Quant à Molière, dont le génie lui inspira une excellente étude, trop peu connue , il voulait qu'on ne le rapprochât de ce grand homme que comme l'on rapproche l'adorateur de son Dieu.
Comprenant ce qu'il y ayait d'éphémère dans ses propres œuvres, et d'immortel dans celles de l'incomparable génie, il disait : Je suis de mon époque, il est de tons les temps; ce que j'ai fait sera mort depuis de longues années lorsque, lui, n'aura pas vieilli d'une heure.
Il ne pouvait nier toutefois, et c'est à cela seulement qu'il attribuait l'honneur de la comparaison, que bien des similitudes d'existence l'amenaient assez naturellement; et que s'il n'était pas possible de mettre sur le môme plan le génie de l'un et le talent de l'autre, il était aussi bien difficile de ne pas rapprocher leurs vies et leurs épreuves.
L'un et l'autre avaient été, au début, cruellement contrariés dans leur vocation, et tous les deux, une fois en possession de cette vie de théâtre, dont on leur avait si chèrement marchandé les approches, s'y étaient jetés avec la même vaillance, la même perslstanee dans la multiplicité des efforts. Comme Molière, Picard fût, on va le voir, aateur, acteur et directear, et, ainsi que Molière, toute proportion gardée, il sut dans cette triple tâche élre toujoars prêt et suffire à tout.
Comme tous les comiques qui ont marqué, il vit le Jour