DORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, DUMONT
DORVXLé.
U est superbe, ce poisson, il est magnifique. Entendez-vous, Dumont? trois couverts, et qu'on dise au garde-chasse de nous avoir quelque gibier;
340 LBS MARIONNETTES.
surtout s'il me i^ienl quelque lettre, qu'on me l'apporte sur-le-champ. {Dumont rentre dans le chûteau.) Ces maudites traites!... Ohl elles arriveront. C'est bien aimable à ce Valberg : à peine il sait notre arrivée au château, et il nous envoie demandera dîner.
MADAME DE SAINT-PHAR
Soyez tranquille, mon frère ; dussions-nous rester toute Tannée à la campagne, il ne manquera pas un seul jour.
DORVILB.
Eh bien I tant mieux. Charmant garçon, d'une complaisance, d'un esprit...
MADAME DE SAINT-PHAR
Oui, il est gourmand, bavard, ridiculement sentimental.
DORVILÉ.
E\i bien 1 tant mieux. U va prônant de tous côtés ma table et ma bienfaisance : cela fait honneur ; et puis j'aime tes gens qui ne sont point ingrats. C'est à mon crédit qu'il doit cette bonne place dans la ville voisine.
MADAME DE SAINT-PHAR
Il ne nous amène donc pas sa sœur ?
DORVILÉ.
Est-ce qu'il a une sœur ?
MADAME DE SAINT-PHAR
 qui il a établi une petite maison de commerce dans la même ville depuis qu'il est placé ; une jeune personne fort jolie, dit-on, mais très sotte, très inconséquente.
DORVILé.
Il faudra voir cela ; je veux faire connaissance avec la sœur. Pour en revenir à notre sujet, je vous le répète, une excellente opération de unances.
MADAME DE SAINT-PHAR
Je le crois, puisque vous le dites ; mais toute votre fortune, toute la mienne entre les mains de votre correspondant de Hambourg...
DORVIIiâ.
L'honnête Frémon, homme actif, intelligent : que craignez-vous? N'avez-vous pas hypothèque sur mon château ? Il n'y a que moi qui risque; j'aime à jouer gros jeu, moi; je suis heureux au