SCÈNE VI DORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHÂR, MARCELIN
MARCBLIN.
Me voilà propriétaire.
MADAME DE SAINT-PHAR
Voilà mes fonds assurés.
DORVILÉ.
Me voilà en argent complant; permettez que je vous remercie.
MADAME DE SAINT-PHAR
Et moi donc.
Point du tout; c'est moi, au contraire, qui vous dois des remerciements; ou plutôt, remercionsnous mutuellement tous les trois. Je ne vous presse pas ; mais quand pourrai-je occuper mon château?
DORVILÉ.
A rinstant. Je suis aussi rond que voua en affaires, moi : aussi bien je pars pour Paris après dfner.
MARCELIN
Pourquoi donc cela? Je vous offre un appartement dans votre château; mais non, c'est une place dans ma voiture. Tenez, cette petite acquisition ne me sufOt pas; j'en médite d'autres. Je pai's aussi pour Pans ce soir, qu'en dites-vous? Cela contrariera Georgelte. Otil je l'aime toujours. Mais voilà un événement qui nécessairement retarde mon mariage. Il faut voir Paris, je n'y suis pas retourné depuis le collège. Vous y allez pour affaires, pour lâcher d'y retrouver, d'y gagner
. ACTE II, SCÈNE Vil. i67
quelque argent; moi j'y vais pour m'y divertir, acquérir, dépenser.
MADA^S DB 8AINT-PHAR.
Ce que c*est qu'une ruine, ce que c'est qu'une fortune 1 mon frerç perdait Ja tête tout à l'heure, et maintenant c'est vous qui la perdez.
MARCELIN
Auprès de vous, belle dame, on la perd facilement.
MADAME DE SAINT-PHAB
Delà galanterie!
MABGBLIN.
Et pourquoi pas, s'il vous platt? (A part.) Elle est fort bien, cette femme-là. {Haut,) Or çà, je connais un peu mon domaine, moi; maïs pas aussi bien aue vous, et je ne serais pas fâché d'examiner, d'inspecter...
. DORVILB.
Comment donc, monsieur; mais je vais vous conduire partout moi-même.