UORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, VALBERG
VALBERG
Je vous revois donc» ma belle bienfaitrice, mon cher et bon protecteur. Vous m'excuserez, je suis en bottes; je suis venu par le petit bois, sur ma petite jument 1 pauvre bétel malgré tout mon attachement pour elle, je ne Tai cas ménagée. J'étais si impatient de saluer mes amis, mes respectables amis.
Votre serviteur, mon cher Valberg.
VALBERG
Le juste ciel puisse-t-il anéantir tous les îngratsi Je ne le suis pas ; je vous dois tout, je me fais fidoire de le puolier, et je n'aspire qu'au bonheur de pouvoir reconnaître...
MADAME DE SAINT-PHAR
C'est trop beau de votre part.
VALBERG
Au moins vous ne me refuserez pas une grâce. Il faut absolument prendre jour pour visiter mon modeste ermitage, ma bonne sœur, dont le cœur répond au mien... Je ne vous recevrai pas comme vous le méritez, comme vous me recevez tous les jours; mais l'aisance de la médiocrité, de la franchise, du sentiment, et une douce gaieté... Et quand t'e pense que vous pourrez vous dire : « Leur bonheur est mon ouvrage, » les larmes m'en viennent -aux yeux.
DORVILÉ.
Oui , je connais votre sensibilité.
VALBERG
C'est un si beau spectacle que celui d'un riche bienfaisant qui va sécher les pleurs dans les chaumières l
DORVILÉ.
Point du tout; je ne sèche plus de pleurs, mon ami ; je ne suis plus riche, je suis ruiné.
AOTB !!• BOÂNE IX. M
•VALBBBO.
Plaît-il?
DORVILÂ.
Je n*ai plus rien.
VALBBRO.
Ah I mon Dieo ! •
BORVILÉ.
J'ai Tendu mon château.
. TALBERG.
Déjà? Quel événement? j*en suis navré, écrasé, mon ami : et pourquoi ne m*avez-tous pas fait prévenir?
DORVILÉ.
Mais c'est de tout à Fbeure que j'ai appris le -malheur, et que j'ai fait la vente.
VALBBRG.
Ah! mon Dieul cela fait mal.
DORVII.é.
Ce bon ValbergI Vous seriez accouru encore plus vite.
•VALBERQ*
N'en doutez pas.
DORVILB.
Aussi ai-je compté sur vous. J'ai besoin de votre entremise pour un projet qui concerne ma sœur.
MADAMB DB SAINT-PHAR
Mais non, ne Técoutez pas, je vous en prie.
VALBBRO.
Pourquoi donc cela? Je suis tout à vous, disposez de moi. Malheureusement j'ai bien peu de temps : j'ai remis des affaires très importantes à ce soir; n*importe, je sacrifierai tout. Combien je vous plains ! Quelle perte pour moi ! Mais non, je ne veux songer quli vous, qu'à vous seul , mon ami; et quel est donc ce nouvel acquéreur?
MADAMB DB SAINT-PHAR
Vous l'avez vu là, c'est Marcelin?
VALBBRG.
Qu'est-ce que c'est que Marcelin?
MADAME DB SAINT-PHAR
L'écrivain public , nouvellement enrichi par un héritage.
DORYILÉ.
Gomme moi , nouvellement ruiné par la friponnerie de mon correspondant.
5W LBS MARiqNM^TTJBB.
VALBBHO.
Quelle horreur! Voilà les hommes. Voilà le monde. Que je me félicite de ma médiocrité! Les uns montent, les autres descendent; moi je reste où je suis, comme ces bonnes gens toujours en place sous tous les régimes, plaignant ceux qui tombent, recherchant ceux qui s'élèvent, toujours sensible... Et ce Marcelin...?
. DORVILi.
Est dans Tenthousiasme, dans Tivresse de sa fortune, prêt à conclure tous les marchés, à prendre tous les arrangements, à céder à toutes les impressions.
YALBERG,
C'est donc un homme d'or, une âme noble, ^ reuse, libérale?
. DORVILÉ.
Il visite dans ce moment son nouveau domaine; il faut que je le rejoigne; en; deux mots, j'avais pensé... Mais le voici.
.VALBERO.
Le voici. Une excellente tournure; et puis un air de bonhomie et de contentement qui vous gagne le cœur.