‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 262 sur 426 · VALBERG, CÉLESTINE · texte numérisé non relu

VALBERG, CÉLESTINE

VALBERG, en entrant, ù sa sœur.

Ta entends bien, parle; mais ne babille pas.

CÉLESTINE, à ton frire.

Me prenez-vous pour une sotte? Je ne ferai pas de bévues.

VALBERG

Voulez-vous bien permettre jfue je vous prosçDte ma bonne sœur Célestine? (1 sa sœur,) Allons, parle.

CÉLESTINE, à Dorvilé,

Oui, monsieur; mon frère est venu me chercher, j'ai fermé la boutique, j'ai congédié mon cousin qui me lisait le roman de Mathilde pendant que je travaillais, et je me félicite...

JDORVILÉ.

Eh I mademoiselle, ce n'est pa3 à moi que vous devez vos compliments.

VALBERG

Qu'est-ce que vous faites donc, Célestine? {En MOfirrfffii Dorviié,) Monsieur est M. Dorvilé, cet homme estimable dont je vous ai parlé hier. {En montrani Marcelin.) Et monsieur est le digne, l'intéressant Marcelin dont je vous ai pané aujourd'hui.

CÉLESTINE, bas à êon frère.

Ahl c'est monsieur... Dame! vous me dites le plus riche, je jugeais par l'habit. (Haut,) Mon-i sieur... '

Oui, mademoiselle; c'est moi qui suis enchanté... {Bas à madame de Saint^Phat,) Elle a UU petit air éveillé qui inspire la gaieté.

MADAME DE SAINT-PHAR

I Oui, an air niais qui fait rire.

Il VALBERG.

Saluez donc madame, ma sœur; c'est la sensible amie...

MADAME DE SAINT-PHAR

Dont TOUS avez parlé hier à mademoiselle, B'est-il pas vrai?

876 LBB MARIONNBTTKS.

VÂLBntG.

Précisément.

GÉLBSTINE.

Madame, j'ai bien Thonneur*., {Bas à son frire,) Est-ce la dame qui a des prétentions? i

VALBERO, bas ù ta sœur,

Taîs-loî donc. (A Marcelin.) Vous m'avez si bien reçu, votre cœur et le mien du premier abord se sont si bien répondu, que j'ai cru ne pas devoir perdre un moment pour vous faire connaître une sœur chérie. L'amitié, la nature se partagent mon âme.

DORVILÉ.

Oui, la nature, Tamilié... moi j'aime mieux les bonnes actions que le beau langage.

C'est très juste ce que vous dites là, mon cher Dorvilé.

CÉLESTINB.

Oui, monsieur,. l'éloge que mon frère m'a fait de vos grandes qualités m'a inspiré pour vous une estime...

DORYILé,

Croyez, mademoiselle, que votre frère et vous n'êtes pas les seuls qui ayez conçu beaucoup d'estime pour monsieur.

MARCBLIN.

Ma foi, messieurs et mesdames, vous m'enchantez; quand je, ne devrais à ma fortpne que l'avantage de me procurer des assurances aussi unanimes d'une parfaite amitié, je lui aurais de grandes obligations.

VALBERG

Ah! l'amitié... est-ce donc la fortune qui l'inspire? A la bonne heure, je suis franc, il est doux d'être l'ami d'un homme riche; mais ce qui fait vraiment naître l'amitié, c'est une .secrète impulsion, une certaine sympathie, comme dans l'amour.

CÉLESTINE

Oui, comme dans l'amour. Je suis aussi franche^ que mon frère...

^ MADAME DB SAINT-PHAR. ' '

C'est ingénu. • . -

Page 1