ACTE III, SCÈNE VI. 9T
GÉLESTINE.
Hélas I oui. Je suis naïve, timide, modeste et silencieuse.
VALBERG
Oui, ce sont dés vertus de famille chez nous.
(Bas à sa sœur,) Taîs-toi donC.
CÉLESTINK, à SOU frère, Ai-je dit une sottise?
MADAME DE SAINT-PHAR
Il est fâcheux que M. Marcelin ne puisse pas mettre à réprouve ces belles vertus de votre famille.
DORVILÉ.
Oui, c'est dommage. Il part ce soir avec nous pour Paris.
GÉLESTINE, ù son frère, Ahl mon Dieu I il part pour Paris, mon frère.
VALRERG.
Vous partez?
MARCELIN
Vous sentez que je suis impatient de me rendre à Paris; c'est la patrie des gens riches.
GÉLESTINE, à son frère,,
Ahl mon Dieul et moi qui ai congédié mon cousin 1 «
Quelle heureuse rencontre, mon cher Marcelin! nous partons avec vous.
DORVILÉ.
Comment l vous iriez à Paris?
GÉLESTINE.
Nous irions à Paris, mon frère?
VALBERG
Oui, ma bonne scaur r je sais que tu le désires, et puis j'ai quelques intérêts à y régler.
GÉLESTINE.
Ah! quelles délices!
MADAME. DE SAINT-PHAR
Et votre emploi, qu'est-ce qui le remplira?
VALBERG
• J'ai un commis, j'ai un congé.
MARCELIN
A merveille, je vous cmmèue tous; nous avonsune berline aussi grande que la diligence.
378 LES MARIOMNBTTBS.
GÉLESTINE.
Ah quel plaisir! à Paris I les promenades, Jes spectacles, les modes...
YALBBRG.
Et les malheureux que vous visiterez, que vous soulagerez I voyage véritablement sentimental.
MARCELIN
Nécessaire. J'ai besoin de me former à Técole du monde. M. Dorvilé et sa sœur veulent bien me servir de guides, de mentors.
GÉLBSTINB.
Oh ! aue j'aurai bientôt pris les grâces, les manières, les façons I
MARCELIN
C'est cela. Nous ferons un cours complet d'usage et de bon ton ; madame me formera, je formerai mademoiselle.
MADAME nB SAINT-PHAR.
Qu'est-ce que vous dites donc?
MARCELIN
Pardon, c'est la gaieté, la joie...
VALBERG
Madame est bien en état de donner des leçons.
MADAME DE SAINT-PHAR
Mais vous me dites une impertinence.
VALBERG
Je ne m'en doutais pas.
DORVILÉ, sUmportant,
Oui. Vous êtes un ingrat. Nous connaissons vos vues secrètes.
MADAME DE SAINT-PHAR, A «On frère.
Taisez-vous donc.
GÉLBSTINB.
Croyez-vous que les vôtres nous aient échappé?
VALBERG, ba$ à sa Msiir.
Tais-toi donc.
MARCELIN
Eh bîenl qu'est-ce que c'est? on se pique, je crois. C'est charmant : c'est pour moi qu on se dispute. Ne vous fâchez donc pas. Vive la richesse! elle vous donne à choisir ; mais je n'enteods pas que l'on se querelle chez moi, pour moi; des amisi