ACTE IV, SCENE IV. S
MARCELIN
De qui donc?
GASPARD
Tu ne devines pas?
MARGELW.
De Georgette, peut-être?
GASPARD
Mon Dieu! oui, je Tai vue.
MARCELIN
Ahl tu l'as vue? Pauvre Georgette l Eh bien?
GASPARD
Eh bien ! mon ami, je te dirai qu'elle est bica chagrine.
MARCELIN
Je le crois. Sais-tu que je suis fort embarrassé, moi; car enfin... Que me coaseilles-tu?
GASPARD
Eh ! mais, si tu veux aue je te parle franchement... Qu'eu dis-tu, toi?
MARCELIN
D*abord, il est certain que tout autre à ma place... N'estrce pas?
GASPARD
Ohl oui; mais cependaat... Elle t'aime bien.
MARCELIN
C'est vrai; aussi mon dessein n'est-il pas de l'abandonner. Quand il n'aurait pas été question d'amour entre nous, c'est ma parente, je ne l'oublierai pas.
GASPARD
Je vois avec plaisir que tu songes à lui faire du bien.
MARCELIN
C'est un devoir; mais on prétend que je peux trouver un très grand mariage.
GASPARD
Oui ; mais...
MARCELIN
Je suis riche; mais avec les sentiments que je me glorifie d'avoir, serait-ce un si grand malheur de l'être encore davantage?
'GASPARD
Non, sans doute. Cependant...
MARCELIN
Ce sont ces nouveaux amis qui se dîsputaie*«.t
entre eux, et qui se sont réunis pour me faire sentir que Georgette... D'ailleurs Je ne suis pas si âgé; pourquoi me çresserais-je de me marier? Riche et garçon, qui m*empèche de mener une yie délicieuse?
GASPARD
Il est sûr qu'on est toujours assez tôt en ménage.
MARCELIN
En confidence, ces deux dames dont je te parlais tout à rheure... Je réponds à leurs agaceries; c'est fort bien, elles valent bien la peine qu'on s'intéresse à elles ; mais on s'abuse furieusement si l'on croit que je songe au mariage.
GASPARD
Ah! fripon I
MARCELIN
Ohl je ne dis pas... Les mœurs avant tout. Pour Georgette que j'aime, que je regrette, que je respecte... eh bien! il faut que ce soit toi qui lui fasses entendre...
GASPARD
Moi!
MARCELIN
Non, je lui écrirai; oh! je ferai tout pour elle.
Allons, le père n'aura pas à se plaindre.
MARCELIN
Comment donc? Mais je veux qu'il soit fort à son aise; et moi, ma foi, je jouirai de ma jeunesse, et dans quelques années nous verrons à nous marier.
GASPARD
C'est cela. Dans quelques années : qui sait si à cette époque, je ne pourrai pas te procurer un trésor, moi?
^tfARGELIN.
Vraiment?
GASPARD
Ma petite fille promet d'être charmante.
MARCELIN
Comment, ta petite fille?
GASPARD
Dans six ans elle en aura seize.