‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 308 sur 426 · X.AFLEDa · texte numérisé non relu

X.AFLEDa

Gomme monsieur va monter sa maison...

DORSAY

Qu'est-ce qui t'a dit cela?

LAFLEUR

Personne ; mais il est à présumer que monsieur ne tardera pas â être appelé, placé, comme il le mérite.

DORSAY

Oui, ils veulent absolument m'employer. C'est une chaîne que je vais prendre ; mais enfin on se doit à son pays, â &a famille.

lAFLEUR.

Alors il faut â monsieur maître d'hôtel, livrée, équipages...

DORSAY

Parbleu I quand on nous donne des places à nous autres...

LAFLEUR

Monsieur ne peut pas se passer d'un secrétaire : mon jeune homme a reçu la plus belle éducation...

Combien vous a-t-on promis , monsieur de Lafleur, pour placer le parent de la jeune artiste?

LAFLEUR

Fi donc l ce n'est pas par intérêt. Xe marche sur les traces de monsieur : il m'a appris à trouver le bonheur dans celui qu'on procure aux autres.

DORSAY

Eh bien I tu n'es qu'un sot... Mon chapeau? C'est une folie de donner ses services. Non pas

SCÈNB y. 3Î7

que je vende les miens; mais un homme comme toi... Ma tabatière? Qu'est-ce que c'est? j'entends une voiture. Vois donc : serait-ce le colonel?

LAPLBUB.

Lui-même.

DORSAY

Ah I mon Dieu 1 tu me fais perdre mon temps. Cette chambre en ordre ; ferme la toilette ; ces lettres à leur adresse ; ces vers et ce bouquet à la jeune veuve de la Ghaussée-d'Antin.

LAFLEUB.

J'y cours. Prenez mon protégé, monsieur; il sera si heureux de travailler chez un homme aussi bon, aussi juste, aussi recommandable par son cœur et par son esprit.

Coquin! tu ne penses i>as tout ce que tu dis; mais c'est égal, tu me fais plaisir. Apporte-moi de l'écriture du jeune homme, et si elle est passable...

LAFLEUR

Admirable, monsieur. Voici le colonel. (Il iort.)

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