D0R8AT
Eh I vite, qu'on m'habiile, je suis pressé. A-t-on passé chez le colonel Sainville?
LAFLEUR
Tai été moi-même lui annoncer la visite de monsieur. M. le colonel prie monsieur de ne pas se déraoeer. U doit venir ce matin dans la maison, chez madame de Mircour.
DORSAY
Chez ma nièce 1 Raison de plus pour que je me hâte. Je veux absolument le voir chez lui : c'est une attention dont les gens en place vous tiennent toujours compte. Mon habit?
LAFLEUR, habillant ion maître.
Je reconnais bien le génie de monsieur. II n'oublie aucun détail.
DORSAY
Fruit de l'habitude, mon pauvre Lafleur.
LAFLEUR
Oh I non, cela n'est pas donné à tout le monde ; moi, par exemple, je ne pourrais pas : il faut une nature particulière.
DORSAY
Ce bon Lafleur I il ne manque pas d'esprit. Quel bonheur que ce colonel se soit pris de passion pour ma nièce 1 Un jeune homme plein de mérite, qui peut tout pour ses amis, aimaole pour tout le monde quand il est heureux. C'est dommage qu'il soit bourru et presque méchant dès qu'il est contrarié.
LAFLEUR
Comme monsieur s'entend à faire le portrait de
ses amis! Si monsieur n'était pas pressé, j'aurais une grâce à lui demander.-
DORSAY
Qu'est-ce que c'est? Dépêche-toi. Mon épée?
LAFLEUR
C'est pour un jeune homme qui est parent d'une jeune artiste de théâtre,
DORSAY
Ah I tu as des connaissances dans les théâtres l <yest ma nièce qui m'inquiète ; c'est bien la petite personne la plus vive, la plus fantasque... une enfant mal élevée... Eh bien 1 ton jeune homme?