SAINVILLE , MADAME DE MIRCOUR
SAINVILLE, seul un moment.
Un très honnête homme, ce M. Dorsay.
MADAME DB MIRCOUR, en entrant,
n faut absolument qu'on le retrouve, entendezvous? Ohl les domestiques! ils sont d'une négligence... Ah! vous voilà, monsieur?
SAINVILLE
Oui, madame, et j'accours plein d'impatience... Qu'il m'est doux devons revoir encore plus belle!
MADAME DB MIRCOUR.
Laissez-moi. J'ai de l'humeur ; je suis au désespoir.
aàlNVILLE.
Ëhl mon Dieu I que vous est-il donc arrivé?
MADAMB DB MIRCOUR.
Azor, mon cher Azor, qui s*est échappé ! on ne sait ce qu*il est devenu.
SAINYILLE.
Et qu'est-ce que c'est donc que cet Azor !
MADAME DE MIRCOUR.
Mon carlin. Yoi^s riez, je crois!
SAINYILLE,
Moi? pas du tout. Je partage bien sincèrement votre désespoir.
MADAME DE MIRGOtJR.
Courage ; moquez-vous ; affligez- vous ironiquement. Les hommes veulent toujours montrer du caractère.
SAINYILLE.
Calmez-vous. On le retouvera, et je vous crois trop raisonnable...
MADAME DE MIRCOUR.
Raisonnable l Non, monsieur, je ne suis point raisonnable, et je n'aime point les gens raisonnables ; ils sont froids, insensibles. Au fait, que me voulez-vous? Je suis fort étonnée qu'on ne vous ait pas dit que je ne voulais voir personne.
SAINYILLE.
Ehl mon Dieu! comme vous me traitez,- madame ! Ces couplets que vous m'avez demandés hier?...
MADAME DE MIRCOUR.
Ces couplets? Je n'en veiix plus. Ils ne valent rien. En effet, je suis bien en disposition de chanter!
SAINYILLE.
Mais vous ôtes méchante, au moins.
MADAME DE MIRCOUR. V
Moi; méchante! c'est vous plutôt qui n'avez pai^ la moindre sensibilité. Je pleure, je souffre; monsieur plaisante, monsieur rit.
SAINYILLE.
J'étais loin de m'attendre à un pareil accueil. Se peutril que ce soit la même femme qui, hieri ao bal, était si douce, si bonne...